jacque_kouroumaLe 27 juin 2010, pour la première fois, les Guinéens sont partis librement aux urnes pour élire celui qui doit présider les destinées du pays. Maintenant, ils attendent le second tour.

Saluons leur maturité et rendons-leur hommage. Malheureusement, les mêmes antidémocrates ont saboté leur choix.

Malgré tout, nous avons foi en nos populations, en leur capacité à trouver la réponse juste et adéquate à tous ceux qui constituent un frein, par leur malhonnêteté, à son décollage social, économique, industriel, culturel et civilisationnel…, etc. Notre histoire l’atteste éloquemment !

C’est cette conviction qui nous a fait lancer, dès le 3 juillet 2010, l’idée d’un Front Républicain pour la rupture radicale avec les Hommes et les systèmes qui ont eu pour jeu de faire obstacle à l’épanouissement véritable du Guinéen et empêcher son pays à devenir un Etat de droit.

Pourquoi un Front républicain ? Pour la grandeur de la Guinée !

Le front est un terme militaire qui désigne une frontière contestée entre deux forces combattantes. Il eut un premier front républicain en France aux élections législatives de janvier 1956 avec une coalition de centre-gauche (Parti socialiste SFIO, Parti radical-socialiste, Union démocratique et socialiste de la Résistance : UDSR de François Mitterrand et Républicains sociaux du gaulliste Jacques Chaban-Delmas). Le front républicain en sortit victorieux. Après, d’autres fronts républicains ont vu le jour. Le plus parlant, dans le contexte guinéen d’aujourd’hui, est celui de 2002.

Les élections de cette année-là opposèrent, au second tour, Jacques Chirac (RPR) à Jean-Marie Lepen du parti de l’extrême droite (FN). Les deux candidats avaient eu respectivement au premier tour, 19,88% et 16,86% des voix exprimées. La percée de l’extrême droite bouscula la conscience de nombreux démocrates en France comme à l’étranger. C’est ainsi que la majorité des populations françaises se leva pour appeler à barrer la route à Lepen et le FN. Jacques Chirac remporta la victoire.

Donc après la proclamation des résultats provisoires du premier tour des premières élections libres guinéennes, nous avons eu mal en notre pays pour plusieurs raisons.

Mes chers compatriotes, devons-nous faire un chèque en blanc à Cellou qui, depuis 31 ans, est incrusté dans les arcanes du pouvoir ? Durant ces années, que nous ont-ils apportés, lui et ses semblables si ce n’est la misère découlant de la paupérisation généralisée ?

Guinéens, mes compatriotes, êtes vous prêts à faire confiance à Cellou qui n’a plus rien à prouver parce qu’il incarne la continuité de l’Etat entreprise dont il fut, un moment, le chef d’entreprise ?

Mes chers concitoyens, sommes-nous prêts à livrer encore la gestion de notre pays à cet homme à la personnalité inquiétante parce qu’il n’a jamais fait ou accepter le vrai bilan de sa mal gouvernance ?

Savez-vous, Guinéennes et Guinéens, ce qu’il faut attendre de ce sulfureux personnage ?
La poursuite des détournements des biens publics ;
La tricherie, le mensonge et la tromperie sans oublier l’insécurité dans l’injustice ;
Le développement et l’assurance de l’impunité parce que ses soutiens financiers sont, pour la plupart, des délinquants financiers si certains ne seraient même pas des criminels dont des anciens collaborateurs de Jonas Savimbi que la mort leur a permis de se retrouver à la tête de fortune colossale issue de la vente et du blanchissement de l’argent des diamants de sang.

Pouvons-nous admettre ses intentions d’ethniciser davantage le tissu social ?
Pouvons-nous croire que l’homme Cellou est républicain lorsque nous savons qu’il est l’authentique symbole du repli communautaire exclusif même d’une partie de son ethnie au prétexte que cette dernière est républicaine ?

Allons-nous laisser la patrie entre les mains de quelqu’un dont les aspirations, ni les valeurs, ni l’éthique ne peuvent pas être partagées parce que contraires à l’idée fondatrice de la République qui veut que le pouvoir soit pour tous les citoyens, sans exception aucune ?

Or, avec Cellou, la République va être celle des clans : c’est-à-dire des banabanas qui le financent actuellement, des wahhabites barbus et autres intégristes qui terrorisent les autres citoyens de vision et pratiques contraires aux leurs.

La République, chers compatriotes, n’est pas ce que prévoit Cellou pour nous : celle des opérateurs criminels dits économiques qui avaient, selon ses propres thèmes « pris Lansana Conté en otage »

Interrogeons-nous : Voulons-nous le changement en Guinée et avec qui ?
Avec Cellou ; c’est la continuité dans l’immobilisme, le non développement, plus d’ethnocentrisme et davantage de discrimination sur fond de vengeance certaine.

Pour toutes ces raisons, nous avons créé le Front Républicain pour qu’il ne soit le prochain Président de la Guinée !

Pour toutes ces raisons également, nous avons choisi Alpha Condé qui incarne, justement, le renouveau, le changement et l’espérance de la renaissance guinéenne. Alpha Condé rassure et garantira la paix sociale, le travail pour tous les Guinéens, la Justice et la Solidarité donc la démocratie guinéenne. Le candidat Alpha Condé, élu Président, favorisera le dialogue social, arme fatale contre la fragilisation du tissu social que Cellou et le système qu’il incarne ont nourrie allègrement. Dire que le dialogue social est l’un des pendants de la démocratie !

Le Front républicain signifie qu’aucun compatriote recensé ne doit s’abstenir au second tour, sinon ce serait donner une voix à Cellou. Alors mobilisons-nous massivement pour élire Alpha Condé !

Le Front Républicain ; c’est opposer l’union de tous les démocrates guinéens à la réincarnation de la prédation, de l’impunité, de l’ethnocentrisme, du règne de la médiocrité, bref de la mal gouvernance.

Les Républicains du front ; ce sont les Peulh, les Malinké, les Soussous, les Forestiers qui veulent un véritable changement en Guinée.
Le Front Républicain ; ce sont tous ceux qui croient que la Guinée ne peut être une République Peulh, ni Soussou, ni Malinké, ni encore Forestière ; mais la République démocratique et laïque unissant tous les Guinéens.

Alors nous ne pouvons pas, un seul instant, tergiverser ou nous laisser distraire par les calomnies, intoxication, intimidations, menaces, petites querelles inutiles et virtuelles que l’adversaire distille pour nous affaiblir.

Ensemble, et pour la grandeur de la Guinée, votons Alpha Condé, Président !


Paris, le 6 août 2010

Jacques KOUROUMA
Source: Zaley.info