OFRWR_GUINEE_CAMARA_20091204Après six mois d'absence et de silence, le président de la république a décidé de rompre avec le silence en prélude aux élections du 27 juin prochain.

Nous vous proposons de lire donc, l’intégralité de l’interview que le président de la république, le capitaine Moussa Dadis Camara a accordé à la rédaction de la radio Familia...

Caleb Kolié : Excellence Monsieur le président bonsoir!

Le président : Bonsoir!

Caleb Kolié : Depuis près de six mois vous êtes à Ouagadougou pour poursuivre votre convalescence, est ce que le peuple de Guinée peut savoir aujourd’hui dans quel état vous vous trouvez? 

Le président : Je vous remercie de cette opportunité, mais en même tant je me dois le devoir de remercier la communauté internationale, l’Union Européenne, l’Union Africaine et le président Blaise Compaoré le médiateur, le royaume Chérifien et le Général Sekouba Konate d’avoir mis en œuvre ce grand programme d’élections qui est en cours. En ce qui concerne mon état de santé, je me porte très bien, je me sens très bien à l’aise et je n’ai aucune inquiétude.

Caleb Kolié : Monsieur le président, vous savez que vous êtes là dans le cadre des accords de Ouaga, qui sont entrain d’être matérialisé sur le terrain en Guinée et ces accords ont été signés par vous trois; c'est-à-dire vous le président de la république de Guinée et l’intérim qui est assuré actuellement par le Général Sékouba Konaté, ainsi que le médiateur de la crise, le président Blaise Compaoré et quels sont vos rapports actuellement vous trois, le président Dadis et votre ami le Général Sékouba et aussi le président Blaise Compaoré?

Le président : Nos rapports entre le président Baise et moi, sont des rapports de frères, des rapports de fraternités; quant au frère Sékouba compagnon d’arme, ce sont des rapports très sincères; parce que, nous avons pris le pouvoir ensemble. Alors les rapports sont vraiment très sincères et très fidèles et ce qui concerne les élections du 27 juin conformément aux accords de Ouaga.

Caleb Kolié : Voila, par rapport à ces élections, quel regard vous portez aujourd’hui sur la matérialisation sur le terrain en Guinée et quel appréciations vous faites sur cette transition dans notre pays?

Le président: Je puisse dire que le visage politique Guinéen, tant bien même il y a eu des rumeurs; mais je ne tiens pas compte des rumeurs pour dire que les élections n’auront pas  lieu et la CENI a démentit; pour moi, je compte sur l’engagement de la communauté internationale, de l’Union  Européenne, de l’Union Africaine et du Général Sékouba Konaté et aussi de tous nos sympathisants qui ont déjà compris que les élections peuvent avoir lieu. Ce qui est important aujourd’hui c’est d’élire un président qui soit accepté de tous.

Caleb Kolié: Est-ce qu’aujourd’hui vous apportez votre soutien à l’un des candidats engagé dans la course au fauteuil présidentiel?

Le président : Pratiquement je puisse dire que ce serait prématuré de soutenir un candidat à l’heure ou je suis. IL faut d’abord voir comment le candidat a évolué et le deuxième tour, ça sera un élément très important pour la Guinée et en ce moment, on pourra se faire une idée. Si vous avez le temps de venir au deuxième tour, je crois qu’en ce moment je pourrai donner mon point de vu. Mais pour le moment c’est anticiper de le dire.

Caleb Kolié : Monsieur le président, certaines informations qui nous parvenaient en Guinée faisaient allusions à votre prétendu soutien a certains groupuscules pour désétatiser la forêt, pour empêcher les leaders d’y aller pour faire leur campagne. Quand n’est-il aujourd’hui?

Le président : Vous savez que très généralement les gens ont des plumes faciles et l’originalité des faits; les gens peuvent imaginer, ils formulent ce qui n’est pas réel. Moi  je ne suis pas cet homme là, qui a pris le pouvoir sans effusion de sang et qui a accepté de donner librement le pouvoir à mon compagnon d’armes et de revenir encore former des groupuscules contre le même régime. Je crois que c’est un peu tomber par la tête et c’est pourquoi je me suis mis au dessus de tout. Pour moi ce sont des aberrations; je ne considère pas. C’est la preuve aujourd’hui, tout ce qui sont parti en forêt et qui sont entrain de faire la campagne, personne n’a été menacé en forêt, on nous aurait dit qu’il y a tel groupe qui a attaqué tel leader, mais jusqu'à présent, tel n’est pas le cas.

Caleb Kolié : Monsieur le président est ce que vous regrettez quelque peu que ce soit les accords d’Ouagadougou?

Le président : Je puisse dire que je n’ai aucun regret, parce que j’ai toujours dit que ce n’est pas le nombre d’années qui importe. Il ne s’agit pas de faire plus de cinquante ans au pouvoir, mais il suffit de laisser quelque chose, il suffit de faire quelque chose qui puisse te faire immortaliser ce qui est important. Ce n’est pas le pouvoir qui m’intéresse, ce qui est important pour moi, que le peuple aille aux élections et je crois au fil du temps, les nouvelles générations pourront s’apercevoir, qui a fait quoi et qui n’a pas fait quoi. Donc je ne regrette nulle part, en aucun cas pour dire que les six mois que j’ai fait loing de mon pays que je le regrette, je n’ai aucun regret parce que je n’ai é pas té forcé.

Caleb Kolié : Voila vous n’avez pas été forcé et l’autre question que les Guinéens se posent à quand le retour de Dadis en Guinée?

Le président : C’est après ma convalescence, je suis en état de convalescence et je rentrerais au pays au moment opportun, après les élections je pourrai rentrer au pays quand mon état sera vraiment confortable et puisque je me sens vraiment à l’aise je pourrais rentrer au pays.

Caleb Kolié : Monsieur le président il y a certaines informations qui font allusions de votre déplacement; vous allez de camp en camp, de fois on vous met en état de surveillance quand n’est-il vraiment?

Le président : Non ce sont des aberrations, c’est de la bassesse et je pense bien que le facilitateur le président Blaise Compaoré a mis tous les moyens à ma disposition. Je peux faire l’excursion et ces excursions peuvent être vers les villes, mais pas un jour je suis allé dans un camp, je suis là avec ma petite famille et pour la simple raison, vous êtes venus vous avez trouvé là ou je suis avec ma petite famille.

Caleb Kolié : Monsieur le président d’autres question qu’on se pose, c’est par rapport aux actions que vous avez engagé quand vous étiez encore en Guinée; est ce que aujourd’hui vous regrettez que ces actions ne soient pas poursuivis par vos successeurs?

Le président : Oui, c’est par rapport aux problèmes qui reste toujours très crucial, le problème d’eau et d’électricité; puisque j’avais commencé à envoyer les groupes électrogènes et je crois que c’est un problème fondamental. Pour tout développement, il faut de l’électricité, il faut de l’eau potable.

Caleb Kolié : Quel sera votre avenir politique en Guinée?

Le président : L’avenir politique, d’abord je dirai que je n’ai jamais été politicien, c’est le pouvoir qui a fait de moi un homme politique parce c’était une nécessite à un moment donné, il fallait se saisir du pouvoir pour essayer de libérer le pays. Ici je suis à ce stade, je me dis que mon avenir politique, c’est pas ce qui est important au contraire je dirai que quand je me retournerai au pays je demanderais que je sois un citoyen libre. Je ne compterai plus rester au niveau de l’armée. Parce qu’un ancien président à son statut, n’a plus besoins de rester au camp; qu’est-s’il va faire au camp? Et donc mon avenir politique tout dépendra de Dieu.

Caleb Kolié : Monsieur le président, quels sont vos rapports avec les grandes puissances comme la France et les États-Unis?

Le président : Je pense que c’est trop, un homme du point de vu relation, je pense que je n’ai pas de problème avec la France, parce que d’abord la France a colonisé la Guinée et nos prédécesseurs et elle est très avancée, c’est une grande nation. C’est comme les États-Unis; donc je pense bien que ce sont des pays qui ont de très bons rapports avec la Guinée et qui ont des expériences. J’ai des rapports avec certains Américains et même certains Français et les États-Unis entretiennent les rapports avec la Guinée et même avec la France. Donc mes rapports personnels sont différent des rapports entre nation et nation. C’est comme par exemple l’Allemagne, c’est comme les autres pays; alors je puisse dire que pour le moment entre ces pays les États-Unis et la France, ce sont des relations séculaires qui ont toujours existé et c’est ce qui est primordial.

Caleb Kolié : Monsieur le président aujourd’hui nous sommes en période de campagne dans notre pays; qu’est ce que vous avez à dire aux Guinéens par rapport à cette campagne et surtout par rapport au vote du 27 juin?

Le président : C’est vraiment de se retenir, je demande aux Guinéens de faire de la retenue et de ne pas faire de cette campagne une campagne de guerre, d’animosité, je demande à tous les Guinéens de se lier et de se tenir, c’est ce que je peux demander aux Guinéens. Et s’ils s’opposent entre eux même, supposons qu’ils sont des ennemis entre eux, le pays ne pourra pas avancer. Puisque la démocratie ne demande pas ça, la démocratie demande l’alliance; c’est ce que je demande aux Guinéens.

Caleb Kolié : S’il arrivait aujourd’hui qu’on reporte ces élections; quelle position adopterez vous?

Le président : C’est quelque chose que je n’imagine pas. C’est d’ailleurs là je remercie mon compagnon d’armes le Général Sékouba parce qu’il a vraiment insisté pour les élections du 27 juin, l’accord de Ouaga, alors il ne vient pas dans mon idée pour dire que les élections seront reportées, pour moi il faut aller aux élections pour que la Guinée sorte de l’ornière, c’est cela le fondamental?

Caleb Kolié : Monsieur le président, est ce que vous pouvez nous expliquez un peu comment vous êtes occupez durant toute la journée?

Le président : Toute la journée, je fais le sport avec la canne qui est là et puis après le sport je m’occupe de la lecture, la lecture peut être sur n’importe quel ouvrage, ça peut être la lecture biblique, alors je m’occupe de ça.

Caleb Kolié : Est-ce que vous recevez régulièrement de la visite ici?

Le président : Oui par fois je reçois de la visite, il y a des personnes qui viennent me dire bonjour, qui ont une bonne moralité et m’encourager d’avantage.

Caleb Kolié : Est-ce que la situation actuelle vous a donné beaucoup à réfléchir vous avez murir d’avantage dans votre vie?

Le président : Oui ça m’a donné beaucoup d’expériences et je crois que cette  m’a donné beaucoup à réfléchir, c’est pourquoi je dis que si le nouveau président me le demande de lui donner certains conseils, ce qui m’est arrivé ne lui arrive pas; donc j’ai eu suffisamment d’expériences dans ma vie.

Caleb Kolié : Et avec la famille comment ça se passe, vous êtes dans une villa et alors qu’à Conakry au palais présidentiel, il n’y avait pas du tout de temps pour la famille; comment ça se passe avec ce changement?

Le président : Et voila c’est pourquoi je dis que le pouvoir aussi parfois ça use, tu es parfois coupé de ta famille. Actuellement j’ai la chance d’être avec mes enfants de les suivre et puis nous sommes ensemble, donc les gens pensent que le pouvoir est le plus grand bonheur qui puisse exister; mais un moment donné tu peux être coupé de ta famille sans pourtant le savoir, mais actuellement je me sens à l’aise, parce que j’ai maintenant ma petite famille qui est auprès de moi et les gens viennent me rendre visite. Pendant que j’étais à Conakry c’était un peu difficile que je sois avec ma famille et donc il fallait s’occuper des problèmes d’États; je pouvais passer toute la nuit assis avec mon ami Sékouba jusqu’au matin sans dormir, entrain d’analyser de réfléchir avec certains ministres, entrain de réfléchir.

Caleb Kolié : Votre mot de fin Monsieur le président!

Le président : Je termine tout en remerciant la communauté internationale, la France, les États-Unis, la Russie, la Chine et tous les pays qui ont les relations sincères avec la Guinée et qui ont toujours aidé la Guinée, je les adresse tous mes remerciements, en fin qu’ils puissent nous apporter de l’aide pour aller aux élections; en remerciant aussi le président par intérim, le Général Sékouba, le président de la CENI et toutes les institutions républicaines, le premier ministre chef du gouvernement et vous-même également; tous ceux de près ou de loing ont toujours pensé à moi et demander aux Guinéens que cette élection ne soit pas une élection de bagarre, qu’ils se tiennent les mains pour aller aux élections, choisir librement leur candidat dans la quiétude et dans la paix. Je vous remercie

Caleb Kolié : Merci Monsieur le président !

Source : Radio Familia FM