" Dadis n'a plus rien à faire au Fasso, il doit rentrer en Guinée "

Le Président du MS/CNDD (Mouvement de soutien aux actions du CNDD) El Hadj Sékou Kaba, a animé un meeting qui a rassemblé un millier de fans de Moussa Dadis Camara dimanche à Abidjan-Williamsville pour re-exiger le retour de leur idole en Guinée. Nous vous proposons l’intégralité de son adresse.

‘’Notre satisfaction est grande, en ce Dimanche 23 mai, devant votre mobilisation massive. Une fois encore, vous avez répondu à notre appel, pour parler de notre chère patrie. La Guinée se trouve à un tournant décisif de son histoire.

En effet, c’est la toute première fois, que notre pays va organiser le 27 juin prochain, si Dieu le veut, des élections pluralistes, libres, que chacun de nous souhaiterait démocratiques, transparentes et apaisées.

Fait exceptionnel, sans président en exercice dans la course. Ce qui garantit la neutralité de l’administration et des structures chargées de l’organisation du scrutin. A l’égard de tous les candidats qui remplissent les conditions définies par notre loi fondamentale.

N’est-ce pas une chance historique pour notre pays, de conférer à ce scrutin présidentiel un cachet démocratique singulier qui fera entrer la Guinée dans le concert des nations démocratiques ?

Que Dieu, dans son infinie bonté sauve notre pays du désastre et du chaos. Nous implorons Allah le tout puissant de toucher nos cœurs et de les ouvrir au pardon mutuel, à la concorde  nationale, afin que tous unis dans un élan patriotique, main dans la main, nous bâtissions une nation forte, solidaire et prospère, dans l’unité et la paix. Si nous le voulons nous le pouvons.

La Guinée est un pays béni de Dieu. Il lui a donné des fils et des filles compétents, intelligents et travailleurs. Elle est par ailleurs dotée d’immenses ressources minières, agricoles et énergétiques. A même d’accélérer son décollage économique et social.

Mais, malgré tous ces atouts, ces dons de la nature, que constatons-nous ?

Depuis son indépendance en 1958, notre pays s’enfonce dans la misère. Son histoire rime avec des tragédies et des morts d’hommes. A tous nos martyrs, ceux tombés au champ de la lutte pour l’indépendance nationale, ainsi qu’à ceux des tristes évènements du 28 septembre 2009, du 03 décembre 2009, sans oublier la tragique disparition du Dr Ibrahima Fofana et de ses camarades, dans un accident de la circulation le 16 avril dernier, nous rendons hommage.

Nous vous demandons de vous lever et d’observer une minute de silence, à la mémoire de tous ces disparus. Je vous remercie.

Chers camarades, nous devons démontrer à la face du monde, que tous ces hommes ne sont pas morts pour rien. L’histoire actuelle de notre pays nous interpelle à plus d’un titre. La Guinée s’est engagée dans un processus de démocratisation irréversible. N’en déplaise aux esprits chagrins. Les prochaines joutes électorales vont doter notre pays d’institutions démocratiques et crédibles avec à la tête un président démocratiquement sorti des urnes, choisi par le peuple souverain de Guinée, vrai dépositaire du pouvoir.

Pour cette campagne électorale ouverte depuis le 17 mai, je vous demande d’éviter à tout prix la violence verbale, physique et les insultes.

Nous sommes des frères et souhaitons tous le bonheur des enfants de ce pays, il ne faut surtout pas que cette élection provoque à nouveau une déchirure profonde entre nous. Je vous demande d’aller voter calmement et dans le respect de l’autre, le candidat de votre choix.

Il y’a lieu, ici, de saluer la détermination et la clairvoyance du Général Sékouba Konaté, Président par intérim, président de la transition qu’il conduit avec sang froid et patriotisme. Il s’est engagé à respecter vaille que vaille les accords de Ouagadougou. Encourageant tous les acteurs de la transition à respecter la date du 27 juin, pour le premier tour des élections présidentielles.

Notre souhait de voir ces élections se tenir effectivement à la date indiquée, traduit notre optimisme. Mais serons-nous effectivement prêts ? Avons-nous élucidé tous les problèmes de fond pour que nous ayons des élections apaisées et les résultats acceptés de tous ?

Nos réponses à ces questions sont mitigées. Eu égard à la précipitation qui a marqué la préparation de ces élections, sous la pression qu’exerce la communauté internationale, exigeant que la date du 27 juin soit respectée. Toutes choses qui pourraient déboucher sur un scrutin à la va vite, porteur  d’irrégularités, facteurs de contestations nées de frustrations.

Nous sommes en démocratie, dit-on. Tout citoyen a le droit d’exprimer ses opinions, son désaccord sur des résultats qui lui paraissent douteux.

Ce ne sont pas les mises en garde musclées, les intimidations du général Sékouba Konaté, du 1er ministre Jean Marie Doré, encore moins du chef d’état major de l’armée, qui pourraient décourager les candidats et leurs partisans à faire entendre leur voix, s’ils se sentaient floués.

Nul n’a le droit d’empêcher quiconque de manifester son mécontentement, pourvu que tout se déroule selon les règles de l’art et dans l’esprit des lois de la république.

Que ces élections se déroulent donc dans un climat apaisé. Mais surtout dans la justice et la transparence pour tous les Guinéens qui jouissent des mêmes droits et des mêmes devoirs. Tous égaux devant la loi.

Alors camarades ; cela nous amène à poser cette question cruciale, préalable à une paix durable en : quel sort réserve-t-on au capitaine Moussa Dadis Camara président de la république et président du CNDD ?

Cet homme que nous soutenons depuis janvier 2009, victime injuste d’une tentative d’assassinat le 03 décembre 2010 ; et aujourd’hui en exil forcé au Burkina-Faso. Par le bon vouloir de la France de Sarkozy ; et la volonté de Kouchner.

C’est pour réclamer haut et fort son retour dans son pays, ici et maintenant ; que nous sommes rassemblés ce matin ; criant notre colère et notre indignation face au silence complice des autorités guinéennes ; et l’indifférence de la communauté internationale.

Cosignataire des accords de Ouagadougou, il nous paraît incongru et injuste que celui-là même qui est le père de cette transition pacifique, soit absent du territoire national. Source de frustrations pour ses milliers de partisans que nous sommes, humiliés à travers leur idole Dadis Camara.

Un tel traitement avec mépris, ne saurait garantir une paix durable dans un climat apaisé. Le Président Dadis va mieux. Il n’a plus rien à faire au Burkina-Faso. Il doit rentrer dans son pays, auprès de sa famille à Koulé. Pas pour se présenter candidat. Il n’en a ni l’ambition ni la possibilité. Car tenu par les accords de Ouagadougou. De quoi a-t-on donc peur ? Pourquoi cette fameuse communauté internationale qui a brillé par son silence assourdissant, face à des tueries massives, des dérives génocidaires, dans bien d’autres pays, encore en convulsions, retrouve-telle subitement de la voix et une frénésie dans le cas guinéen ? Ne fait-on pas, là, deux poids deux mesures ? Une injustice qui risque d’exploser à la face de ceux qui se posent justiciers.

Notre crainte est grande. Nos préoccupations profondes pour la sauvegarde de la paix, si Dadis Camara restait contraint à exil, par la seule volonté de ceux qui nous imposent cette humiliation et bafouent la dignité africaine. Si rien n’est fait, des réactions seront imprévisibles.

Nous ne saurions terminer sans adresser nos sincères remerciements aux autorités Ivoiriennes, avec à leur tête, Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’ivoire, et au peuple Ivoirien tout entier, pour leur hospitalité et leur largesse à notre égard.

Que Dieu protège notre pays !!!

Le combat continue

Sékou Kaba, Président du Mouvement de Soutien aux actions du CNDD

Source : GuinéeNouvelle.Info