51586177_pLe fils de Sékou Touré, le premier président de la Guinée, est à Dakar pour la sortie de l’album «Présidents d’Afrique» du rappeur sénégalais Didier Awadi. Le DBB l’a rencontré au Centre culturel Blaise Senghor.
Quel bilan pour les indépendances?
«Le bilan des indépendances reste mitigé: nous restons encore sur notre faim en ce qui concerne l’émancipation de la patrie africaine, dans toutes ses dimensions. Cinquante ans après les indépendances, il est quand même difficile de dire, avec tous les acquis accumulés, que rien n’a été fait. Nous devons nous mettre en perspective. Nous devons faire une autocritique rigoureuse de notre parcours et projeter cinquante nouvelles années avec des objectifs définis. Objectif: que l’Afrique soit au concert des nations de façon définitive et non seulement qu'elle participe à la conception du monde que nous vivons mais aussi qu’elle soit de tous les rendez-vous.»
Sékou Touré, héros ou dictateur?
«La Guinée a été le premier pays de l’Afrique francophone à prendre son indépendance par un vote démocratique. Par la suite, elle a été le premier front de combat pour l’émancipation de l’Afrique et la libération de tout le continent. Cette responsabilité qu’elle a assumée lui a valu des adversités les plus féroces. Elle a su quand même se défendre. Les gens jugent l’histoire en fonction de leur position spécifique. Aujourd’hui en Guinée nous sommes en train de créer des conditions afin qu'un processus de vérité, justice et réconciliation soit mis en place. Mon parti, le Parti Démocratique de Guinée (PDG), a déjà déclaré qu'il s'agit d'un exercice indispensable.»
Des ambitions politiques personnelles pour la Guinée?
«Tout ce que je peux vous dire est que pour le moment, je suis secrétaire aux relations extérieures du parti et que nous envisageons un congrès national le 14 mai prochain. A partir de cette date, nous saurons qui, de façon démocratique, devra représenter le parti aux élections du 27 juin prochain. Je suis déjà membre de la direction nationale, il est donc évident que je suis dans la course pour la représentativité du parti. Cependant, le PDG connait une gestion collégiale: les postes ne sont pas aussi importants que le rendement de notre action.»

Amara SOUMAH