''C’est avec inquiétude et indignation que les membres du Conseil Supérieur de la Diaspora Forestière constatent depuis deux mois l’acharnement exercé par le pouvoir intérimaire contre des cadres militaires et hommes de troupe forestiers...Deux semaines après le discours du Président-intérimaire, Sékouba Konaté du 12 mars 2010 au camp Alpha Diallo : « Vous êtes surveillés de près. Je mets en garde ceux qui tiennent des réunions secrètes, nous sommes au courant. Partout où vous êtes, votre position est surveillée. Ceux qui veulent saboter la démocratie, on va les tuer….Certains veulent saboter la transition pour des raisons ethniques… », des arrestations arbitraires ciblées ont commencé dans les rangs des forces armées guinéennes.  Commandant Gono Sangaré, Commandant Dragon Pévé Guilavogui,  Lieutenant Marcel Guilavogui et Lieutenant Jean Louis Kpoghomou, tous originaires de la région forestière sont aux arrêts depuis, le 31 mars 2010. Et ça continue ! A cela s’ajoute la radiation des hommes de troupe forestiers dans des camps de Conakry, Kindia, Kankan ; Macenta et ailleurs. Claude Pivi, Moussa Keita et Tiégboro sont menacés.
Nous pensons que cette opération fâcheuse et tendancieuse est de nature à torpiller les élections prévues pour le 27 juin 2010, car ceux qui sont au pouvoir n’ont aucune intention de le céder. Ces radiations de jeunes soldats sont autant incompréhensibles que c’est le Général Sékouba Konaté, alors ministre de la défense et vice-président du CNDD, qui les avait recrutés. Et d’ailleurs, il a été clairement établi au cours de la conférence publique d’Ouagadougou que c’est bien lui qui gouvernait la Guinée lorsque le Capitaine Dadis présidait.
Nous n’avons que longtemps maintenu le silence au nom de l’intérêt supérieur de la Guinée. Nous avons pour seul souci la préservation de la paix sociale en ce moment de fragilité du tissu social de notre pays. Nous croyons que tout pouvoir en Guinée doit avoir la préoccupation première de rassembler tous ses citoyens. Or les orientations actuelles de la transition ne rassurent pas surtout qu’elles se traduisent par des intimidations, des menaces, la radiation programmée et ciblée dans les rangs des hommes de troupe.
Nous dénonçons avec fermeté cette pratique d’exclusion à caractère ethnique dans les rangs des forces armées guinéennes qui doivent rester républicaines en ces moments fragiles pré-électoraux. Nous prenons à témoin : Gouvernement, CNT, CNDD, Organisations religieuses, Coordinations régionales, Partis politiques, Société civile, Organisations syndicales, Conseil Economique et Social, Organisations des Droits de l’Homme, Système judiciaire et Presse ainsi que la communauté internationale afin que fin immédiate y soit mise.
La Guinée appartenant à tous les Guinéens, la tolérance que nous avons observée jusqu’à présent ne peut se poursuivre continuellement. Aujourd’hui Dadis CAMARA est en exil forcé, les recensements ont été bâclés sur toute l'étendue du territoire national et surtout en Guinée Forestière où les listes électorales sont quasiment inexistantes ; des jeunes soldats de la région forestière sont arbitrairement radiés et certains sont en prison.
C’est pourquoi nous demandons solennellement et publiquement, aux autorités de la transition, au Président intérimaire Sékouba Konaté d’user de ses prérogatives actuelles pour davantage œuvrer à l’unité nationale que le contraire. Nous affirmons, ici et mieux qu’ailleurs, que la persistance des violations des droits de l’Homme et les agressions contre une partie des citoyens guinéens n’est pas la solution à la coexistence pacifique. Dans notre pays, nous voulons une égalité sociale et non le contraire.
Guinéens, les Forestiers le sont au même titre que tous leurs compatriotes !
Guinéens, les Forestiers le demeureront ! A ce titre, ils doivent être associés, tant à l’exercice du pouvoir qu’à la construction du pays qui passe nécessairement par l’instauration de la démocratie qui fait déjà partie de leurs mœurs.
Nous réitérons que les pratiques en cours, celles programmées et planifiées contre des Forestiers ne sont pas les réponses aux préoccupations des Guinéens. Elles ne sont pas la voie de la paix sociale qu’ils attendent sur toute l’étendue du territoire national. Le pouvoir actuel doit faire face à ses responsabilités dans le climat qui, insidieusement, se met en place dans le but de stigmatiser les Forestiers pour les faire passer pour «Ceux qui veulent saboter la démocratie… »
En tant que démocrates, les populations forestières ont toujours accompagné tous les régimes successifs guinéens avec l’espoir d’aboutir à la construction d’une véritable unité nationale. Elles sont membres de tous les partis politiques guinéens sans considération ethnique et religieuse. Elles sont encore disposées à accompagner le processus de démocratisation en cours dans le respect mutuel. Donc que le pouvoir transitoire ne se méprenne pas pour essayer de faire endosser aux Forestiers ses manquements par rapport à ses promesses.
Nous sommes convaincus que le dialogue et le respect de toutes les composantes sociales prévaudront en Guinée, car ce sont les seules armes de la paix dans un pays.
Nous exigeons la libération inconditionnelle de tous les détenus et le rétablissement dans leur droit de tous les soldats radiés injustement à cause leur appartenance ethnique. Nous ne tolérerons plus aucune discrimination en Guinée.
Que Dieu protège la Guinée pour que vive l’unité nationale !

DECLARATION DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA DIASPORA FORESTIERE

Fait à Washington, DC