Récemment, des colporteurs de mauvaises informations ont cru traîner dans la boue ce jeune cadre guinéen que le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a fait venir de la Suisse alors qu’il y occupait l’important poste de Vice président de l’Union des banques suisses. Au simple motif qu’il a mis fin à des magouilles dont certains cadres de son ministère en avaient fait leur chasse gardée et, faisant bénéficier en retour au pays des revenus énormes. Pour vous en convaincre, lisez ce droit de réponse qu’un site de la place a été obligé d’afficher. Déontologie obligeant. Pour avoir offert son espace à cette bande de colporteurs qui ne veulent jamais du progrès de la Guinée et de ses habitants.
"C'est avec surprise doublée d'indignations que j'ai parcouru l'article intitulé "Le scandale du ministre Mahmoud Thiam et la compagnie Global Alumina Corporation GAC" paru le 25 mars 2010 sur le site Aminata.com. Je voudrais tout d'abord vous rassurer que toute personne qui me connais un tant soit peu sais que la magouille n'est pas dans ma nature ou mon caractère. Je n'exclu pas la possibilité de commettre des erreurs cependant.
Le dossier Alex Stewart a une origine fort simple. Lorsque nous avons constaté l’écart criard entre nos capacités à collecter les redevances et taxes de nos opérateurs miniers et celles d'autres pays africains, nous nous sommes approchés d'eux pour savoir comment ces pays ont amélioré leurs performances.
La plupart des pays comme le Mali en tête, ont cité Alex Stewart. Il faut savoir que ce cabinet est la compagnie la plus crainte et la plus détestée par les compagnies minières. La simple annonce de leur arrivée dans un pays suscite des attaques violentes telles que nous le voyons en Guinée en ce moment.
La société a la plus haute signature mondiale dans le domaine de la surveillance et de l'analyse des secteurs miniers. Ils sont présents dans 64 pays sur les 5 continents. Il n'y a pas un pays où ils ont exercé qui n'a pas amélioré de manière remarquable ses revenus miniers.
La société a un site web que j'invite tout un chacun à s'y référer. Lorsqu'en février dernier les Maliens m'ont convaincu qu'ils étaient arrivés à recevoir jusqu'à 500 millions US de redevances sur leur Or il y a quelques années j'ai décide d'explorer cette piste. Malheureusement vu les contraintes budgétaires de 2009 j'ai vite conclu que nous n'aurions pas les moyens de payer le montant pouvant aller jusqu'à 2 millions USD pour leur mobilisation initiale.
Nous avons donc mis ce projet en pause. Plusieurs mois plus tard, nous avons été conviés à une réunion au ministère des finances par le gouverneur de la banque centrale qui nous a présenté l’ancien ministre des finances du Pérou et la direction générale d’ Alex Stewart en visite à Conakry. Le ministre Péruvien nous a expliqué ce qu’Alex Stewart leur avait permis de réaliser et nous avons tous convenu que ce serait idéal pour un pays comme la Guinée qui est loin de tirer sa juste part de ses revenues miniers. Nous avons aussi conclu que nous allions explorer les moyens de nous attacher les services de ce cabinet.
Quelques mois plus tard, nous avons été conviés à une autre réunion au Ministère des Finances lors de laquelle après des heures de négociations avec le Ministre des Finances, le Gouverneur de la BCRG, les cadres de la Primature et ceux des Finances, nous avons convenu de signer un contrat avec la société Alex Stewart.
Lors de ces discussions, nous avons demandé à la société Alex Stewart si elle était en mesure de conduire un audit approfondi des audits précédents de Rusal. La logique en était fort simple. La Guinée soutient depuis longtemps que Rusal lui doit 1 milliard de dollars US. Cependant aucun audit de calibre international ne confirme cela. Sans une signature inopposable dans les juridictions internationales nous ne pourrons jamais faire prospérer nos prétentions contre la compagnie. Le but était simplement d’apposer la plus haute signature, disponible dans ce domaine, au dossier Guinéen. Ce résultat, quelque soit le montant final serait recevable devant les deux seules instances qui pouvaient à l’époque contraindre Rusal à s’asseoir à la table des négociations avec nous et discuter de bonne fois: Le comité des 72 banques à Londres auxquelles Russal doit de l’argent et la Commission Boursière de Hong Kong où Rusal planifiait un levé de fonds. Ces deux instances ayant la survie de la société entre leurs mains Rusal aurait craint de voir la Guinée en possession d’un document signé d’une société de la crédibilité d’Alex Stewart disant que Russal doit effectivement à la Guinée. De surcroît ce travail devait permettre d’établir un montant réellement défendable que ce soit un ou deux milliards.
Au moment de cette rencontre, les Russes annonçaient que le listing de Hong Kong aurait lieu dans les six (6) semaines. Il y avait donc un impératif de calendrier. Si ce listing arrivait avant que nous n’ayons l’audit entre nos mains, notre principal outil de pression serait perdu. Nous avons demandé à Alex Stewart s’il pouvait faire ce travail dans les délais. Il nous a été répondu que vu les délais très courts, le nombre d’employés à commettre à la tâche serait énorme car la société n’apposerait jamais sa signature à un document dont elle ne serait pas certaine de la véracité. Vu la masse de travail à abattre dans des délais aussi courts et la valeur du signataire, il nous a été proposé un montant de 4,5 millions US pour faire le travail.
Dans une négociation très serrée nos partenaires Chinois ont proposé à Alex Stewart de réduire la facture en échange de contrats de surveillances dans d’autres pays où ils opèrent. C’est ainsi que la facture est passée de $4.5 millions à $3.3 millions. Il faut noter ici que CIF en tant que partenaire stratégique du Gouvernement avait accepté d’avancer le coût des deux contrats Alex Stewart. Les enjeux le justifient largement quelques millions de dollars dépensés pour des dizaines de millions de dollars par an de revenus miniers supplémentaires et quelques millions de dollars pour près d’un milliard de dollars a récupérer de Rusal. Le calcul était simple. C’est le rapport d’Alex Stewart qui nous a permis d’interpeller les instances boursières de Hong Kong et de mettre une pression financière assez forte sur Rusal pour les ramener à vouloir négocier avec nous. C’est ce rapport qui, en cas de litige dans des juridictions internationales permettra à nos réclamations d’être reçues.
Il a été dit que : "ceci a été négocié dans le secret sans l’implication du ministre des Finances". Le ministre des finances est cosignataire du contrat Alex Stewart. Le contrat a été négocié dans ses bureaux avec ses cadres et ceux de la Primature.
L’accord de prêt entre la Guinée et les Chinois, sans lequel les fonds n’auraient pas pu être virés à temps pour permettre à Alex Stewart de conduire sa mission dans les délais a été signé par moi effectivement. Je suis le Vice Président du Comité de Pilotage des investissements de la CIF en Guinée et le PCA de GDC mines et pétrole. Les Chinois ont estimé que ma signature leur suffisait pour opérer au virement car c’est la GDC qui avance les fonds.
J’aimerais que l’on me dise si le problème se trouve dans le fait que les actions prises nous ont mis en position de pouvoir récupérer tout ou partie de $900 millions qui nous sont dus contre un paiement de $3.3 millions? Où se situe le problème, est-ce parce qu’un partenaire a accepté de nous avancer la somme sans laquelle nous n’aurions aujourd’hui que nos yeux pour pleurer? Ou c’est parce que c’est moi qui ait signé l’accord de prêt alors que je n’en avais pas le droit?
Si c’est la dernière option, je pose la question suivante: qu’avons nous y perdre? J’ai signé un papier contre lequel on nous a avancé $ 3 millions nous permettant d’espérer un jour récupérer un multiple de ce montant. Si ma signature est invalide c’est celui qui nous a prêté les fonds qui a un problème et dans ce cadre de figure pas nous. Il faut savoir que l’accord cadre avec la CIF protège toutes redevances et taxes futures. Tout remboursement ne peut se faire que sur les dividendes futures des projets menés en commun dans le cadre des différentes GDC. Par conséquent si nous sommes incapables de rembourser ses $ 3.3 millions a échéances, ils deviennent une obligation à long terme à rembourser sur des profits futurs. Où est la perte ou le désavantage pour nous?
Pour ce qui est du cas Yéro Baldé, les faits sont relativement simples. J’ai reçu un appel téléphonique d’un ami de Dakar me disant qu’il a suivi une émission à la télévision Guinéenne où M. Baldé s’était lancé dans une attaque virulente contre ma personne et m’accusait entre autre d’avoir livré la Guinée pieds et mains liés aux Chinois. Cet ami était surpris pour deux raisons:
1) C’est sur sa recommandation que j’ai reçu M. Baldé dans mes bureaux de New York lorsqu’il était étudiant, et je pense l’avoir traité avec respect et gentillesse.
2) La sortie de M. Baldé était hors sujet, semble t-il et semblait donc orchestrée ou planifiée.
Ce n’est que le lendemain ou le sur lendemain que j’ai moi même vu l’émission à la télé. Je dois dire que la virulence de ses propos et son agressivité presque haineuse m’ont surpris. Comme je l’ai dit auparavant leur véracité aussi n’est pas avérée car loin de ne pas être au courant, le ministre des finances est cosignataire  du contrat Alex Stewart. L’autorisation donnée aux Chinois de s’acquitter du payement a effectivement été signée par moi et si cela est irrégulier ça peut être rectifié ou annulé sans effet négatif pour la Guinée. Les retombées positives potentielles, par contre, sont énormes.
Quelques jours après avoir entendu l’émission j’ai eu un appel du président du conseil d’administration (PCA) de la société Guinée Alumina Corporation (GAC) qui tenait à m’assurer que les propos de M. Baldé ne reflétaient en aucun cas la position de la société et n’engageaient que lui. Je lui ai assuré que je n’en doutais nullement.
Ayant travaillé pour plusieurs multinationales cotée en bourse, je sais pertinemment que les règlements internes sont très strictes lorsqu’il s’agit des communications à la presse de leurs employés. Il est formellement interdit de dire quoi que ce soit à la presse sans une autorisation préalable du département légal, si vos propos pourraient être attribués à la société par erreur.
Toute dérogation à cette règle fait l’objet d’une revue par le département légal et des sanctions s’en suivent si nécessaire. Je n’ai donc pas jugé nécessaire de me mêler de leurs procédures internes. D’abord parce que je n’en ai pas le droit et ensuite parce que, par principe, je me l’interdit.
Quelques jours plus tard, j’ai appris que M. Baldé s’était rendu chez le Premier ministre avec un dossier fourni” contre moi et a carrément demandé ma tête. Les patrons de sa société semblent l’avoir appris comme moi car ils m’ont encore appelé pour marquer leurs distances vis à vis de cet acte qui commençait à ressembler à une vendetta….
Puis, à ma grande surprise, ce sont des amis journalistes qui ont commencé à m’appeler pour me demander d’arrêter d’insister pour que la société ne suspende  pas M. Baldé. J’ai eu beau leur expliquer que je n’étais pas à l’origine de cela, ils insistaient. J’ai reçu à mon domicile une amie de M. Baldé me demandant d’intervenir pour que sa suspension soit levée. Je lui ai répondu que la même manière que je m’étais interdit d’intervenir contre lui malgré son acharnement à salir ma réputation, de la même manière je n’interviendrais pas pour lui en me mêlant des procédures internes d’une société dont je suis le ministre de tutelle.
J’ai alors compris qu’elle pensait elle même que j’avais demandé sa suspension. Alors, j’ai appelé le PCA de GAC devant elle et sans qu’il ne sache que nous étions écoutés "je lui ai demandé si à aucun moment je lui ai même donné l’impression que je voulais qu’il sanctionne M. Baldé". Sa réponse était négative. Pour satisfaire la dame, et vraiment malgré moi, je lui ai demandé s’il était possible de lever la suspension et d’arrêter la procédure. Il m’a répondu qu’à son grand regret, les procédures internes sont telles qu’elles ne peuvent être arrêtées. La société est cotée en bourse et serait elle même exposée légalement si elle n’agissait pas en accord avec ses propres règlements. La jeune dame pourra en témoigner car elle me dit être une très bonne amie de M. Baldé.
J’apprends maintenant qu’un battage médiatique a été orchestré pour m’attaquer à ce sujet  et que la société civile dont est membre M. Baldé a décidé de réclamer mon renvoi au Premier Ministre. Décidément on s’enfonce dans le rocambolesque.
Voilà tout ce que je sais et, du dossier Chinois et celui de M. Baldé pour votre gouverne et pour l'ensemble des citoyens guinéens".
Mahmoud Thiam, ministre des Mines

Source : Guinee24