Konaté, le tombeur de Dadis, ‘’l’homme de la France’’, désavoué par ses premiers actes publics.

A la faveur des accords de Ouagadougou dont Dieu seul connaît les tenants et les aboutissants, un certain général de brigade, homme de troupe, ministre de la défense, second vice président du CNDD, coordonnateur des audits…des anciens dignitaires du régime défunt, s’est emparé du pouvoir. En écartant le percutant capitaine Dadis Camara au sommet de l’Etat par des subterfuges et les sales manœuvres à la libanaise, le general Konaté pensait avoir gagné sur l’homme du 23 décembre 2008. Mais c’est mal connaître ou mal maîtriser la chose politique.

Du coup il jeta la balle dans le camp de l’opposition, croyant fermement que celle-ci est traversée à longueur de journée par des courants réformateurs et divisionnistes, Konaté pensait jubiler et profiter de leur mésentente pour se faire une place au soleil. C’est encore mal connaître les politiques guinéens. L’opposition se voyant honorée par cet appel de Konaté, a vite choisi en son sein un des prophètes de la classe politique en la personne de Jean Marie Doré, opposant centriste pour assumer l’éminent poste de premier ministre , chef du gouvernement.

Si dans l’ensemble, la nomination de Jean Marie Doré, leader de l’U.P.G, a été bien appréciée. Force est de reconnaître que ce dernier, bien que pétri de talents, peine à former ce fameux gouvernement d’union nationale. Serait-il pris en otage par une classe militaro civile afin de zapper la transition ? Près de deux semaines se sont déjà écoulées et le résultat est toujours attendu. Voici le premier signe de dysfonctionnement et dire qu’un mois a aussi été consommé dans le chronogramme de la transition, cela est une autre paire de manche.

En plus le décret de restructuration du gouvernement suivi de l’ordonnance portant création du CNT (Conseil national de la transition), lequel décret aurait été falsifié…, est un second signe fort que Konaté gère mal son temps. Le clou a été donné par la nomination par décret de Hadja Rabiatou Serah Diallo au poste de présidente du CNT : Troisième signe de mauvaise gestion des ressources humaines du pays. Et pour ne rien faciliter au général Konaté, le bloc des patriotes de Guinée (il regroupe une bonne dizaine de partis politiques…) a condamné cette nomination atypique de Rabiatou et demande au président par intérim de revenir sur ce décret. Car, selon eux, la syndicaliste Rabiatou n’est pas qualifiée pour être portée au perchoir de l’hémicycle. Mieux, les fameux accords du Faso demandaient que ce poste revienne à un religieux. Or Rabi n’est ni cantatrice, ni un muezzin, encore moins une prêtresse à la soutane blanche. Que s’est-il passé dans les coulisses du pouvoir au camp Alpha Yaya Diallo ?

Mon général, ces actes publics et officiels que vous avez posés aux yeux de vos compatriotes loin de faire votre baptême de feux, ils vous exposent et étalent vos tares à la face de la nation. Comme si cela ne suffisait pas….vos hommes en uniformes font des hold-ups dans les banques de la place. Ce comportement répugnant et exécrable de certains de vos hommes, a failli verrouiller les portes de ces établissements financiers n’eut été l’intervention remarquable du premier ministre, chef du gouvernement, son excellence Jean Marie Doré, JMD, pour les intimes.

Mon général, le ‘’pouvoir use l’homme’’. Disait Monseigneur Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, aujourd’hui en service au Vatican.

Qu’avez-vous fait pour corriger ces nombreuses distorsions ? S’il est vrai que l’erreur est humaine, il est d’autant vrai que sa réparation fait appel à une grande humilité, une introspection. Bref un examen de conscience.

Votre silence coupable sur la tragédie du 28 septembre dont vous étés inéluctablement l’un des ‘’héros’’ aux mains souillées… , malgré votre apparente absence sur les lieux ce jour, et votre passivité dans la recherche et la mise aux arrêts du sieur Toumba Diakité, auteur de l’attentat sur la personne du chef de l’Etat le 3 décembre, font croire à vos compatriotes que vous êtes le ‘’Juda’’ de l’armée guinéenne. Vous avez renié votre ami Dadis trois fois avant que le coq n’ait chanté. Où est passé le serment du soldat ?

Ces actes, selon des observateurs, vous rendent impopulaire et sont un coup dur pour la transition que vous comptez mener dans moins de six mois. Le pourriez-vous, mon général ?

Boubacar Barry Timbo a Conakry

Pour Guineemoderne