Le  << Coup d' Etat >> du Commandant Pivi

- Le chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara, en convalescence au Burkina Faso, a appelé les Guinéens à apporter le soutien nécessaire au général Sékouba Konaté mais des zones d’ombres existent. Est ce que ce discours est un autre bluff de Dadis ?

Claude Pivi aurait demandé avec insistance au médiateur, le président Compaoré que Sékouba Konaté ne revienne pas en Guinée sans Dadis. Il fallait concocter « une adresse à la nation » pour calmer les esprits. Est-ce que le message est passé à Conakry?

Entretemps le commandant Claude Pivi assume le pouvoir et prend des décisions sans consultation avec le général Konaté. Il a par exemple procédé à des nominations aux postes militaires stratégiques. Aujourd’hui le lieutenant Colonel Moussa Tiegboro Camara est le « de facto » ministre de la défense. Bago Joseph Zoumanigui l’un des meneurs des événements des 2 et 3 février 1996 au temps de Lansana Conté assume la coordination au camp Samory. Il était précédemment chargé de l’encadrement des nouvelles recrues de l’armée. Une « milice » en préparation pour la protection du pouvoir de Dadis.

Les frustrations du capitaine Dadis

Le chef de la junte ne comprend pas pourquoi le général Konaté, qui était aux affaires avec lui en tant que numéro 2 est considéré comme un héros alors que les grandes décisions étaient prises d’un commun accord. Dadis aime le pouvoir et ne supporte pas qu’il va le perdre. En plus il pensait rentrer à Conakry pour retrouver « son peuple » lorsqu’il a quitté Rabat. Le Maroc l’a trahi. Dadis aurait demandé à Pivi de renforcer ses positions militaires.

Le « Coup d’Etat » de Claude Pivi

En l’absence du général Konaté, Claude Pivi et Moussa Tiegboro Carama convoquent une réunion des officiers de l’armée au Camp Alpha Yaya Diallo le 14 Janvier, sans informer le général Sékouba Konaté. Claude Pivi ordonne à 10 officiers de l'armée de se rendre le même jour à Ouagadougou pour « mission d’Etat » parce que « le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de l’Etat, président de la République, commandant en chef des forces armées, Président du CNDD serait empêché de rentrer chez lui en Guinée. »

Parmi les 10 officiers envoyés en « mission d’Etat », 8 sont des fidèles de Konaté ; certains sont à des postes stratégiques. Il faut les éloigner de Conakry. C’est le cas du colonel Mamady Mara, chef d’Etat major de l’armée de l’air. L’armée de l’air est la position de force de Sékouba.

Aujourd’hui le chef d’état major adjoint de l’armée de l’air, le commandant Samaké qui est un proche de Pivi assure la coordination de l’armée de l’air. Les armes lourdes sont transférées au camp Alpha Yaya Diallo qui est la grande poudrière sous contrôle de Claude Pivi.

Claude Pivi et Moussa Tiegboro sont allés militairement très loin en l’absence de Konaté. Est-ce qu’ils pourront faire machine arrière? Ils sont cités dans le rapport de l’ONU sur le massacre du 28 Septembre. Ils risquent de finir devant la cour pénale internationale. C’est une question de survie. La situation militaire est complexe.

Source : AfricaLog