zaley_mariejoQui sont les Véritables Auteurs des Massacres du 28 Septembre 2009 ?

L’on se souvient qu’au lendemain des événements douloureux survenus le 28 septembre 2009, au stade du même nom le président de la République de Guinée, Monsieur Moussa Dadis CAMARA a , dans le communiqué du 30 septembre 2009, demandé la mise en place d’une Commission d’enquête nationale et internationale en rapport avec les Nations Unies sur les événements du 27 janvier 2007 et ceux du 28 septembre 2009, dans le but d’identifier les auteurs et commanditaires de ces événements puis de traduire les coupables devant les juridictions compétentes.

Dans le même souci de recherche de la vérité, le Président de la République a promulgué :

· l’ordonnance No 057/CNDD/SGG2009 du 30 octobre 2009 portant modification de certaines dispositions de l’Ordonnance No 53/CNDD/2009 relative à la création d’une Commission nationale d’enquête indépendante ; et

· le décret D/No214/CNDD/SGG/MJ/2009, portant nomination des membres de la Commission nationale d’enquête.

Au jour d’aujourd’hui, la Commission nationale poursuit ses investigations, c’est à ce titre que le mercredi, 6 janvier 2010, le colonel Ibrahima BALDE, chef d’état major de la gendarmerie a été entendu par ladite commission. Il a affirmé lors de son interrogatoire avoir déployé 1 700 hommes pour prévenir toute frénésie, mais malheureusement selon lui faute de moyens adéquats, ses hommes n’ont pu contenir la foule.

Sur les circonstances de la tragédie, il a indiqué qu’avant d’incriminer, il faut d’abord faire une expertise balistique pour déterminer les responsabilités, tout en ajoutant qu’il faut faire la différence entre l’arme trouvée sur le terrain et l’arme qui tue.

Plus loin, il affirme également qu’il y a eu infiltration des loubards et intégristes parmi les manifestants en brandissant des photos.

Pour preuve, dira t-il, des gendarmes ont confirmé cette thèse.

A partir des déclarations de M. BALDE, qui sont les véritables auteurs des massacres du 28 septembre 2009?
Le Secrétaire général des Nations Unies a rendu public le 16 décembre 2009 le rapport sur les faits du 28 septembre 2009 relatif aux travaux que la Commission a effectués pendant une courte période du 25 novembre au 4 décembre 2009, alors que tous les organisateurs de la marche en question n’ont pas été entendus.

La Commission a qualifié ces massacres de crime contre l’humanité en situant les responsabilités à trois niveaux :

1- Responsabilité pénale individuelle

Sont pénalement et individuellement responsables :

- Le Président, Capitaine moussa Dadis CAMARA ;

- Le Lieutement Aboubacar Cherif DIAKITE (dit Toumba) aide de camp du Président et chef de sa garde rapprochée ;

- Le Commandant Moussa Thiégboro CAMARA, Ministre Chargé des services spéciaux, de lutte anti-drogue et du grand banditisme.

2- Autres responsables

Les personnes dont les noms suivent pourraient faire l’objet de poursuite pour responsabilité pénale :

- Le Capitaine Claude PIVI (dit Coplan)

- Le Colonel Abdoulaye Chérif DIABY, Ministre de la santé

3- Autres responsabilités à déterminer

Les responsabilités des personnes ci-après sont à établir

- Le sous-lieutement Marcel KOIVOGUI, aide de camp du lieutement Toumba ;

- Le Ministre de la sécurité publique, le Général de division Mamadouba Toto CAMARA ;

- Le général de brigade Sékouba KONATE, Ministre en charge de la défense et des cadres y compris ceux de la gendarmerie, les responsables des camps samory et Koundara ;

- M. Fodéba Isto Keîra, Ministre de la jeunesse ;

- La Doctoresse Fatou Sikhé CAMARA, Directrice de l’hôpital Donka.

Et comment peut-on culpabiliser des personnes dont les responsabilités n’ont pas encore été établies ?

Apparemment, Madame Fatou BENSOUDA, Directrice Adjointe de la CPI

(cour pénale internationale) se rendra le 19 janvier 2010 en Guinée pour :

– déterminer si les faits du 28 septembre 2009 relèvent de crimes contre l’humanité, dans le cas échéant, de les requalifier.

– s’assurer que les autorités Guinéennes ont les moyens et les capacités de se saisir elles-mêmes et de poursuivre les auteurs a souligné à l’AFP la conseillère spéciale du procureur, Madame Béatrice Le Frapper.

Pour ma part, tant que les enquêtes sérieuses n’auront pas été menées par les commissions d’enquête nationale et internationale avec reconstitution des faits pour déterminer avec exactitude qui a fait quoi, je considère que les autorités ainsi que les organisateurs de la marche demeurent moralement coresponsables mais pas pénalement, jusqu’à ce qu’ils soient juridiquement reconnus coupables.

La Cour pénale internationale ne pourra jouer qu’un rôle complémentaire, conformément aux dispositions de l’article 1 et des autres articles pertinents du Statut de Rome, notamment ceux sur la saisine de la CPI.

S’il y a d’autres dessous, il faudra l’expliquer au peuple Guinéen pour qu’il le comprenne, autrement cela ressemble à du marchandage. Ce qui sera aussi comprit …

Marie José YOMBOUNO

06-29-87-48-58

France

Source : Zaley.Info