moussa_keita" L'Armée Guinéenne Reste Fidèle Au Capitaine Moussa Dadis CAMARA et Au Gl Sékouba KONATE " signé le Colonel Moussa KEITA secrétaire Permanent du CNDD

Suite au discours du Général Sékouba Konaté le 6 janvier, les Guinéens espèrent tourner "la page Dadis" pour trouver une sortie de crise.Mais au sein de la junte guinéenne, le pouvoir n'a pas encore changé de mains. Dans cette interview exclusive qu'il nous a accordé, le ministre secrétaire permanent du CNDD, Colonel Moussa Keita, rappelle les liens d'amitié entre le Capitaine Dadis et le Général Konaté qui assure l'intérim.Avec son franc-parler habituel, le Colonel Moussa Keita aborde aussi, les relations tumultueuses entre la France et la Guinée, sans oublier les revendications des syndicalistes qui menacent de lancer une grève dans le pays.Au micro de notre reporter, le Colonel Moussa Keita dit tout ou presque...

Africaguinee.com : Bonjour M. le ministre. La communauté internationale notamment la France, craint que le retour du Capitaine Dadis à Conakry plonge le pays dans une "guerre civile".Qu'en pensez-vous ?

Colonel Moussa Keïta : Je tiens d’abord à notifier que la Guinée est un Etat souverain. Un pays qui a arraché son indépendance. C’est incroyable d’entendre des gens dire que le retour du chef de l’Etat puisse provoquer une guerre civile dans notre pays. Certainement, ce sont ceux qui le disent qui veulent amener la guerre civile en Guinée.

Sinon les Guinéens vivent aujourd’hui en symbiose. Tout se passe bien ! Rien ne laisse prédire ou prévoir qu’il y a une imminence de guerre civile en Guinée. Les Guinéens sont très mûrs ! Il n’y aura pas de guerre civile dans notre pays.

Aujourd'hui l'intérim est assuré par le ministre de la défense, le Général Sékouba Konaté. Est-ce que la "page Dadis" est définitivement tournée dans la gestion du pouvoir à Conakry ?

Ça c’est trop dire ! Le discours de S.E. Général Sékouba Konaté, ministre de la défense qui assure l’intérim du Président de la République, a été clair. Sans aucun doute, le Général Sékouba est un homme de foi ! Un homme sincère et patriote. Le Président Dadis est son ami. Le Général Sékouba est un homme qui aime son pays, sa patrie, son armée… Donc en aucun cas cet homme n’a envi de trahir qui que ce soit.

Le Général Sékouba n’a jamais souhaité ou cherché d’être là où il est aujourd’hui. C’est le destin qui a voulu qu’il soit là aujourd’hui. Croyez-moi, tout ce qu’il fait, il le fait en symbiose et en harmonie avec son ami et frère d’armes le Capitaine Dadis et l’ensemble du CNDD. C’est un homme engagé ! C’est un patriote ! C’est un homme intègre, sincère, franc et honnête.

Est-ce que vos propos "Dadis ou la mort" tiennent encore ?

Oui ! Bien sûr !

Que signifie pour vous "Dadis ou la mort" ?

C’est être prêt à mourir pour Dadis. C’est aimer Dadis et le défendre jusqu’à la mort. C’est tout. Cela ne veut pas dire de prendre les armes et tuer tout le monde. Cela ne veut non plus pas dire que sans Dadis il n’y a pas de vie. C’est comme si une femme dit à son mari qu’elle l’aime jusqu’à sa mort. Cela ne veut pas dire que le jour de la mort de celui-ci elle va se suicider.

Pourquoi la candidature du Capitaine Dadis Camara a-t-elle suscité autant de polémiques ?

Cette réponse revient à ceux qui contestent la candidature du Président Dadis.

Au lendemain de la prise du pouvoir, le Capitaine Dadis avait pris l’engagement de ne pas se présenter aux prochaines élections. Est-ce que c’était la seule façon de gagner le cœur des Guinéens ?

Le Président Dadis a dit que des élections précipitées en 2009 ne pouvaient pas être crédibles. C’est pour cela qu’il a déclaré qu’il ne se présenterait pas en 2009.



Aujourd'hui les Guinéens s'inquiètent sur l'état de santé du Capitaine Dadis. Avez-vous des informations sur le retour annoncé du Président Dadis à Conakry ?

Son retour est lié à son état de convalescence. Nous espérons qu’il sera de retour très bientôt. Pour l’instant il est en train de suivre le traitement. Les soins se poursuivent. Et quand son médecin jugera son retour opportun, il sera avec nous.



Récemment les syndicats ont dénoncé la cacophonie au sommet de l'Etat, notamment les déclarations du porte-parole du gouvernement, M. Idrissa Chérif. Qu'en pensez-vous ?

Il n’y a jamais eu de cacophonie au sein du gouvernement et du CNDD. Je ne sais pas d’où viennent ces qualificatifs. Depuis que nous sommes aux affaires, il n’y a jamais eu de cacophonie au sommet de l’Etat. Les gens, voulant traduire leurs sentiments, empruntent des termes qui ne correspondent pas à la réalité. Il n’y a pas de cacophonie au sein de notre équipe.

Nous avons seulement voulu demander un report des négociations. Il ne faut pas aussi confondre la médiation du Président Blaise Compaoré et la réunion du groupe international de contact. C’était une réunion avec le groupe de contact qui ne concernait même pas le médiateur.

Certains observateurs craignent une division au sein du CNDD entre les partisans du Président Dadis et ceux qui soutiennent le Général Sékouba Konaté. Votre réaction ?

C’est ridicule ! Les gens cherchent toujours à opposer ! Le Président Dadis et le Général Sékouba sont des frères et amis. Ils ont toujours partagé les mêmes convictions. Sachez que si le Général Sékouba était ambitieux du pouvoir, c’est lui qui allait le prendre le 23 décembre 2008. C’est lui-même qui a demandé à la troupe à ce que le Capitaine Dadis soit le Président de la République. Malgré qu’il soit l’un des instructeurs de Dadis.

Il n’a pas tenu compte de son ancienneté et de ses galons. Cela témoigne l’attachement des deux hommes. Cela prouve une fois de plus la fidélité et l’honnêteté du Général Sékouba. Après la prise du pouvoir, il est toujours resté à coté du Président Dadis. Il a tenu à sa parole d’honneur. Il y a une grande amitié entre ces deux hommes.

Son voyage au Maroc avait pour objectif d’aller consulter le Président Dadis. Ensemble, ils ont décidé quelque chose : ce qui vient d’être révélé. Dans notre armée, il n’y a pas deux camps ! C’est l’armée Guinéenne tout court ! Il n’y a pas de camp Dadis, camp Konaté, camp Pivi… comme les gens pensent !

Le Président Dadis étant malade, son ami, compagnon et frère d’armes le Général Konaté assure l’intérim. Il n’y aura aucun problème au sein de notre équipe (CNDD).

Les syndicats ont reçu des menaces et craignent pour leur sécurité. Au niveau du CNDD, avez vous des garanties pour éviter le pire ?

Cela a toujours été leurs arguments ! C’est le même cas chez les acteurs politiques. Tous les leaders politiques qui vivent aujourd’hui en dehors de la Guinée disent qu’ils craignent pour leur sécurité. Pourtant il se trouve qu’au même moment Jean-Marie Doré est là. Pourtant Jean-Marie n’a jamais été inquiété. D’autres leaders politiques sont également là.

C’est pareil pour les syndicats. Ils sont tous des Guinéens. Ils ont tous les droits de rester chez eux. Je précise et j’insiste beaucoup, un syndicaliste ne fait pas la politique, à moins que ça soit la politique des travailleurs. Il est claire que nous ne pouvons jamais, en aucun cas, accepter que la vie d’un citoyen, même s’il n’est pas de même avis que nous, soit menacée.

La Guinée appartient à tous les Guinéens. Il y a la libre expression. Chacun est libre de s’exprimer sur la vie politique de la nation. Nous avons opté pour la démocratie. Respecter cette démocratie, c’est respecter la libre expression et les opinions des uns et des autres. Cela contribue au développement de la nation et va en droite ligne avec la politique prônée par le CNDD : tirer la Guinée de l’ornière. Un démocrate doit accepter les critiques. C’est l’essence même de la démocratie.

Le CNDD a été accueilli comme un sauveur pendant les premiers mois de son avènement au pouvoir. Comment expliquez vous les problèmes que vous rencontrez aujourd'hui après un an à la tête du pays?

La vie est ainsi faite ! Il n’y a pas d’œuvres parfaites. Il ne faut pas nier les acquis du CNDD. En si peu de temps, le CNDD a posé beaucoup de jalons. Ne retenir que le côté négatif du CNDD, c’est faire un mauvais jugement. Quand les bonnes actions sont supérieures aux mauvaises, on doit arrondir et considérer que c’est bien. Le CNDD n’a jamais, depuis son avènement au pouvoir, arrêté un journaliste, un leader politique ou un syndicaliste.

Nous nous sommes attelés à des choses qu’on croyait impossibles. Nous avons donné de l’eau aux populations de Bambeto et Cosa qui avaient fait plus de 10 ans sans en avoir. Nous avons construit beaucoup de camps militaires : Camayenne, Kindia… Nous avons également financé à fonds propres le bitumage de : 30km de routes à Labé, 30 à Kankan… ainsi que les autres capitales régionales. Nous avons réussi à installer deux groupes thermiques qui seront fonctionnels dans un mois peut être. Ces deux groupes couvriront à suffisance la ville de Conakry en électricité. Cependant, l’ancien régime dit y avoir dépensé en vain plus de 500 millions de dollars.

Nous nous sommes attaqués au narcotrafiquants car la Guinée était devenue la plaque tournante internationale de drogue. On avait déjà dépassé l’étape de transit ! On était devenu fabricant. On a éradiqué les détournements du denier public. Aujourd’hui, par la soif du pouvoir, au lieu de saluer tous ces miracles, les gens cherchent à occulter.

Mais ce n’est pas grave ! Puisque les partis politiques sont faits pour la conquête du pouvoir. C’est tout à fait normal qu’ils nous critiquent. D’ailleurs quoi qu’on face, aussi bien soit-il, ils nous critiqueront. C’est donc de bonnes guerres. Demain, quand un quelconque parti politique sera au pouvoir, ce sera la même chose. C’est perpétuel.

Comment expliquez-vous les évènements du 28 septembre au grand stade de Conakry ?

Si seulement les organisateurs, ces politiciens avaient accepté d’écouter les sages conseils du Président Dadis de reporter la manifestation au lendemain, on aurait pu éviter ces malheureux évènements. Puisque le Président aurait mis la police et l’armée à leur disposition pour encadrer les manifestants.

Nous regrettons très amèrement ces évènements ! Je suis un fervent croyant ! Je suis un musulman pratiquant ! Un musulman authentique. J’aime ma patrie. Tous ceux qui sont morts sont des Guinéens. Et même s’ils ne sont pas Guinéens, ce sont des êtres humains. J’aime l’être humain au delà de tout.

C’est Dieu qui a mis l’âme au dessus de tout. Je prie Dieu que l’âme de toutes les victimes repose en paix. Je souhaite aussi que plus jamais une pareille chose ne se reproduise en Guinée. Pour cela chacun de nous doit œuvrer pour le bien de notre pays. La Guinée a trop souffert ! La Guinée a trop saigné ! Il faut que cela cesse. Puisque des commissions d’enquête ont été faites, la vérité sera établie. Moi je suis contre l’injustice et l’impunité.

Justement, la commission internationale d’enquête sur les évènements du 28 septembre a récemment rendu ses travaux, accusant certains de vos compagnons de crimes contre l’humanité. Comment avez-vous accueilli cela ?

Cette commission a travaillé. Mais elle a travaillé de façon partiale. Aussi, le plus important c’est la preuve ! Il ne suffit pas d’accuser. Ils accusent ! Mais est-ce qu’ils ont de preuves. En matière de justice, il faut de preuves. Il ne s’agit pas de dire, sans preuves concrètes, que tel a telle responsabilité dans les évènements du 28 septembre. Avant d’accuser quelqu’un il faudrait d’abord avoir des preuves. Et surtout en matière pénale la responsabilité est individuelle.

Les forces vives et certaines ONG notamment l’ONU accusent le CNDD d’avoir pris des corps aux morgues des hôpitaux (Donka et Ignace Deen) pour les enterrer dans des fosses communes. Que s’est-il passé ?

Ce n’est pas vrai aussi ! Il y a eu 58 morts. Et nous avons rendu les 58 corps aux propriétaires. D’ailleurs on ne peut pas cacher quelque chose dans ce pays. Encore on n’a aucun intérêt à cacher des corps. Ils ont tout simplement voulu amplifier la situation.

De toutes les façons, même un mort c’est trop. Puisqu’en prenant le pouvoir sans effusion de sang, nous n’avions pas souhaité enregistrer une seule victime sous notre règne. Ce qui s’est passé est très déplorable. Mais c’est le destin. Nous le regrettons très amèrement. Tous ceux qui sont morts sont nos frères et sœurs. En tant qu’être humain, je condamne ces actes.

Comment le CNDD envisage-t-il de s’y prendre pour résister aux sanctions internationales ?

Ces sanctions ne visent pas seulement le CNDD mais le peuple de Guinée tout entier. Donc c’est tous les Guinéens qui doivent trouver des voies et moyens pour une sortie heureuse de crise. Le Président intérimaire Général Sékouba Konaté est déjà sur cette voie.

Comment le CNDD s’est-il retrouvé très tôt opposé à des personnes comme le ministre Français des affaires étrangères Bernard Kouchner que le capitaine Dadis minimise d’ailleurs , le qualifiant de "simple ministre" ?

Un Président est un Président ! Un ministre est un ministre quelque soit son pays ! Le Président Dadis a tout à fait raison ! Bernard Kouchner n’est qu’un ministre Français. Il n’est pas un chef d’Etat. D’ailleurs il n’est même pas un Premier Ministre.

Il n’y a pas de grands pays et de petits pays ! Un pays est toujours égal à un pays quelque soit la différence de leurs superficies. Quelque soit notre pauvreté, notre pays est un Etat souverain comme tous les Etats du monde. Bernard Kouchner n’est pas égal au Président Dadis. Dadis est comme Sarkozy.

Aujourd’hui c’est le Général Konaté qui est là ! Il a les mêmes statues que les Présidents Français et Américain. Si on invite les chefs d’Etats aux nations unies ou ailleurs, ils seront dans les mêmes rangs et auront les mêmes privilèges. Ce n’est pas parce que nous sommes Noirs ou issus d’un pays pauvre qu’un ministre Français puisse se mesurer à notre Président.

Pouvez-vous dire au peuple de Guinée et aux lecteurs ce qui s’est exactement passé entre le Capitaine Dadis Camara et son aide de camp Lieutenant Toumba Diakité, le 3 décembre dernier ?

C’est tout simplement parce que Toumba ne voulait pas obéir aux ordres du Président Dadis qui n’étaient autre que de se présenter à la commission internationale d’enquête et coopérer pour faire la lumière et toute la lumière sur les évènements du 28 septembre. C’était tout.

Mais le lieutenant Toumba a déclaré sur les antennes de RFI que c’était parce que le capitaine Dadis voulait lui attribuer toutes les responsabilités des massacres du 28 septembre….

Jusqu’à preuve de contraire je ne crois pas que c’est réellement Toumba qui a parlé. Ce n'est pas Toumba qui a parlé sur RFI. Je pense que quelqu’un a imité sa voix. La preuve est que celui qui parlait n’était pas caché. On entendait les enfants chahuter autour.

De toutes les façons, au lendemain des évènements du 28 septembre Toumba a dit à la presse que nulle part le Président Dadis n’a été associé à cette répression. Ces interviews existent encore dans les journaux de la presse écrite. Dans ces interviews il nous a lavé tous.

Après le discours du Président intérimaire Général Sékouba Konaté (le 6 janvier,Ndlr), peut on penser que le CNDD veut se retirer de la gestion du pays et rendre le pouvoir aux civils ?

Je respecte beaucoup le Général Sékouba. C’est un grand homme, par sa vision. Il a promis de mettre l’intérêt du peuple au dessus de tout. Croyez-moi nous organiserons des élections libres, crédibles et transparentes conformément à la déclaration que le Président intérimaire a faite. Je demande au peuple de Guinée d’accompagner le Général Konaté et le CNDD.

Avant le retour du Général Konaté à Conakry, le chef de la diplomatie Française Bernard Kouchner a tenté d’amener la communauté internationale à empêcher le Capitaine Dadis Camara de rentrer en Guinée. Est-ce que cela a inquiété le CNDD ?

Mon Dieu ! Comment est-ce qu’une pareille chose puisse nous inquiéter ? Est-ce que la France représente le monde entier ? Ou alors qu’est-ce que Kouchner représente ? Cela ne peut pas nous inquiéter. Pas du tout. Kouchner ne peut pas empêcher un citoyen Guinéen de rentrer chez lui ; encore moins le Président de la République. L’influence de Bernard Kouchner se limite en France.

Donc en aucun cas on peut empêcher un citoyen de rentrer chez lui. Il est même impensable qu’on puisse empêcher un chef d’Etat, qui est allé pour des soins, de rentrer dans son propre pays.

Jusqu’où le CNDD est-il prêt à aller pour défendre son chef ?

Il faut plutôt demandé jusqu’où la Guinée ira pour défendre son Président ! Le problème de Dadis n’est pas seulement un problème du CNDD. Les Guinéens en particulier, les Noirs en général, ne doivent pas s’affaiblir devant les Occidentaux. Nous devons être fiers de ce que nous sommes. Nous avons déjà arraché notre indépendance. Quand le premier magistrat d’un pays est attaqué de la sorte, nous devons mettre les clivages de côté pour défendre l’honneur et la patrie. Surtout ne nous sentons jamais inférieur aux Occidentaux.

On accuse le CNDD d’avoir infiltré dans l’armée Guinéenne de nombreuses milices notamment des ex-rebelles du RUF et l’ULIMO. Qu’en dites vous ?

Le jour où je verrai en Guinée un ex-rebelle du RUF je le traquerai, le mettrai en état d’arrestation et le traduirai en justice. C’est valable pour ceux de L’ULIMO. L’armée Guinéenne n’a jamais eu besoin de milices. L’armée Guinéenne a démontré sa bravoure un peu partout dans le monde. Il y a actuellement une indiscipline au sein de notre armée mais croyez-moi, nous allons surmonté cela et continuer de défendre la patrie.

Certains observateurs pensent que chaque membre du CNDD dispose actuellement, d’une puissante armée ou "clan" derrière lui. Y a-t-il pas de risque de tensions entre les membres du CNDD ?

Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas du tout vrai ! Tout cela c’est pour essayer de nous opposer les uns contre les autres. Ce sont plutôt eux qui essaient de former des clans au sein de notre armée avec leurs imaginations. Il n’y a pas de doute, toute l’armée Guinéenne est soudée derrière Dadis Camara et Sékouba Konaté.

Depuis 2006, chaque fois que le peuple manifeste contre le régime en place on enregistre de nombreuses victimes. Après les événements du 28 septembre, avez-vous pris des mesures pour éviter d’autres carnages lors d’éventuelles manifestations en Guinée ?

C’est plutôt tous les Guinéens qui doivent trouver des solutions pour sauver notre pays. Il est bon de revendiquer ; mais il est aussi important de respecter les autorités. Le peuple doit apprendre à revendiquer sans casse sans violence... C’est pour éviter de donner aux militaires et aux policiers la gâchette facile. Les militaires et policiers aussi doivent savoir qu’ils portent les tenues et les armes pour défendre les Guinéens et non pour les combattre.

Depuis plusieurs mois, les conditions de vie des Guinéens se dégradent chaque jour davantage. La monnaie locale continue de perdre sa valeur entraînant le pays dans une crise sans précédent. Quelles sont les mesures prises par le CNDD pour faire face aux syndicats qui demandent notamment une augmentation de salaires ?

Les syndicalistes abusent souvent. Il fallait d’abord analyser le contexte. Les syndicalistes ne doivent pas agir comme un bébé qui ne connaît pas la limite des moyens de son papa et qui réclame toujours le beau ou le bon à celui-ci. La chute de notre monnaie est due à la faiblesse de notre production. Nous n’exportons quasiment rien. Nous sommes toujours à la quête de devises.

Les syndicalistes accusent le ministre Idrissa Chérif notamment « de n’être pas Guinéen », de « n’avoir pas de respect pour le peuple de Guinée et surtout d’avoir minimisé les massacres du 28 septembre ». Comment le CNDD a-t-il accueilli cela, qui fait d’ailleurs partie de la récente plate forme revendicative du Mouvement social?

Idrissa Chérif est 100% Guinéen. Il est de Siguiri. Son père est Guinéen, sa mère est Guinéenne. Seulement il a longtemps vécu en Côte d’Ivoire. Idrissa Chérif n’a jamais minimisé les massacres du 28 septembre. Il a souligné les milliers de morts en Côte d’Ivoire pour rappeler à la communauté internationale que ce qui s’est passé en Guinée n’est pas une première en Afrique.

Avant de terminer, Monsieur le ministre, Il y a des informations selon lesquelles vous avez épousé une sœur du Capitaine Dadis Camara. Votre réaction ?

J’ai deux femmes ! L’une malinké, l’autre guerzé ! Aucune d’elles n’est parente à Dadis. Le nom de famille de ma femme (guerzé) est Lamah. Elle est de Guécké, Dadis, lui est de Koulé. Nous nous sommes mariés il y a 18 ans.

Le mot de la fin M. le ministre …

C’est un message de fraternité et de sincérité. Un message de consolation et de réconciliation. Je demande au peuple de Guinée de mettre l’intérêt de la nation au dessus de tout. Nous sommes des frères et sœurs. Nous n’avons aucun intérêt à nous déchirer. Pour une fois mettons nos ambitions personnelles de côté. La Guinée et les Guinéens ont trop souffert. A présent faisons confiance à l’autorité et accompagnons le Général Sékouba et CNDD à mettre en œuvre leurs promesses.

Propos recueillis par Abdourahamane Bakayoko
Pour Africaguinee.com