presidentMes chers lecteurs,

J'ai trouvé sur le site de Centrale Panafricaine deux analyses très intéressantes faites peu après les évènements  tragiques du 28 septembre sur le Capitaine patriote Moussa Dadis Camara. Pour nous faire une meilleure idée de la personnalité et du patriotisme inébranlable  du chef de l'état de la Guinée,trop souvent diabolisé par certains malins, pensant detenir la vérité absolue sur la crise guinéenne. Lisez plutôt

NB : Centrale Panafricaine de Recherche Scientifique et Culturelle ( C.P.R.S ) a été fondée en décembre 2005 par monsieur KOM Bernard enseignant, titulaire d'une maitrise de Mathématiques Appliquées obtenue à l'Université de Yaoundé en 1990, chercheur indépendant.

APRES LES EVENEMENTS DU 28 SEPTEMBRE 2009 , DADIS CAMARA COUPABLE  ?

A l’occasion du 28 septembre 2009 dernier, date marquant les cinquante ans de l’indépendance de Guinée Conakry, le monde entier a vécu avec amertume ces évènements socio-politiques sanglants qui ont causés les décès d’environ cent cinquante guinéens.

Suite à cette triste situation qui interpelle les responsabilités des uns et des autres, l’on sait que l’une des principales cibles de l’opinion internationale a été, et peut-être le restera encore, le Capitaine Moussa DADIS CAMARA lui-même, l’actuel homme fort de Guinée.

C’est de ce fait que ce dernier a été l’invité de Madeleine MOUKAMABANO dans “ Le Débat africain“ de ce dimanche 4 octobre 2009, sur Radio France Internationale (R.F.I.), question d’éclairer l’opinion par sa version des faits.

Voici retranscrites dans cet article quelques déclarations majeures qui ont été faites ces jours par des acteurs de l’évènement, avec plus particulièrement celles du Capitaine DADIS.

« C’était tuer ou être tué, car les manifestants étaient armés. », déclare un militaire guinéen.

  • « Les manifestants ont défoncé les portes du stade, qui avaient été fermées la veille pour empêcher toute manifestation. », un observateur guinéen.
  • « On était tranquillement assis à la tribune au stade. Lorsque les militaires sont arrivés, nous pensions que nous avions à faire à des gens civilisées qui venaient nous amener au commissariat. Par la suite, nous avons reçu des coups de crosses et de matraques. Il y a eu des morts, des blessés, des femmes violées,etc. », un homme politique guinéen.
  • Venons-en ensuite au propos du Capitaine DADIS, sur RFI ce matin :

·« Je n’ai pas donné ordre de tirer sur les manifestants. J’ai hérité d’une armée dans laquelle la hiérarchie n’est pas respectée. »

·« Je ne suis pas un assoiffé de pouvoir. D’ailleurs, vous voyez que j’ai refusé de vivre dans le somptueux palais de la Présidence de la République de Guinée. »

·« Les militaires avaient voulu renverser et tuer le Président LANSANA CONTE, et je les en avais empêchés. C’est cet acte de patriotisme qui a amené l’armée récemment à me proposer de prendre les rênes du pouvoir. »

·« Au début des manifestations sanglantes, j’ai voulu sortir et laisser les choses, mais les militaires m’ont dits de rester en place. »

·« Les manifestants ont saccagé le siège de la police et emporté des armes. Vous pouvez venir voir. »

·« Une fois, j’ai voulu quitter le pouvoir, mais les militaires m’ont dits, ‘’si tu quittes le pouvoir, nous allons le prendre.’’. »

·« Avant d’être au pouvoir, j’étais l’homme le plus libre au monde. Il faut dire que le pouvoir, c’est très angoissant. Dieu seul peut en réalité guider un homme au pouvoir. »

·« Lorsque le Président Mathieu KEREKOU avait quitté le pouvoir, il allait librement au marché acheter ses condiments. C’est le peuple qui est venu le chercher pour qu’il reprenne le pouvoir. »

·« Je suis un honnête homme, je suis un patriote. Je suis là pour l’intérêt supérieur de La Guinée. J’ai de la probité morale, moi. »

·« Vous les journalistes, vous protégez les leaders politiques de l’opposition. On ne peut pas bâtir l’Afrique comme ça. »

·« C’est des leaders politiques tels que Alpha CONDE, Sidia TOURE, et autres qui ont provoqué la rébellion, avec leurs alliés en occident. L’impérialisme vient d’Afrique et pas d’Occident. Ces leaders sont jaloux de moi, car en 08 (huit) mois, j’ai réalisé ce que beaucoup n’ont pas pu faire en cinquante ans. Partout le peuple parle de moi en bien. ces leaders ont perdu leurs assises politiques, du fait de la gabegie financière. »

·«  Je suis l’homme du changement. Le peuple me soutien. »

·« J’ai humilié des gens parce que je suis un homme épris de justice. Ces leaders politiques ont été Ministres, Premier Ministres et n’ont rien fait en cinquante ans. »

·« Je suis prêt à démissionner demain, même de l’armée, si cela était nécessaire. Je ne mentirais jamais. Je suis là parce que le destin l’a voulu.».

                   Voilà une interview assez édifiante sur l’homme DADIS CAMARA, et plus largement sur la situation en Guinée. Une interview de laquelle se dégagent quelques éclairages et leçons, bien entendu.

i)  D'emblée, il faut saluer RFI pour cette lumière qu’elle a apporté à travers cette interview de l’homme fort de CONAKRY. Cela pourrait, par ailleurs, empêcher que beaucoup ne s’enferment dans la diabolisation de DADIS CAMARA, comme ce fut le cas pour les Président Laurent GBAGBO de Côte-d’ivoire et Robert MUGABE du Zimbabwe.

ii) Le Capitaine DADIS, en acceptant une autre interview à chaud sur RFI démontre qu’il ne redoute ni les journalistes, ni les médias, comme quelqu’un justement qui n’a rien à se reprocher. Il semble donc être un homme de dialogue avec qui l’opposition devrait plutôt chercher à parlementer, même en conférence nationale restreinte.

iii) Le Capitaine cumule, certes, les pouvoirs, mais cela ressemble plutôt à de la dictature éclairé, car il ne veut pas que les mêmes fossoyeurs depuis cinquante ans, aient encore l’occasion de sacrifier continuellement les intérêts du peuple guinéen au profit de leurs propres intérêts.

   En attendant, si le Capitaine ne cache pas une autre facette de lui, il s’agirait d’une lutte entre les intérêts privés et l’intérêt national, entre les mauvais gouvernants et le bon gouvernant. C’est une lutte à laquelle tout dirigeant soucieux de bonne gouvernance, en Guinée comme ailleurs, fini par  être confronté un jour ou l'autre. C’est l’occasion ici de suggérer au brave capitaine de répertorier et responsabiliser les Guinéens intègres, jeunes et adultes, afin qu’ils le soutiennent dans cette révolution.

iv) Dans les propos du Capitaine,  il se dégage une autre dimension de l’impérialisme : celle qui prend sa source sur le continent africain, et serait donc une campagne menée par des opposants à un régime, en corrélation avec l’extérieur. Une sorte d’impérialisme indirect.

v) Puisque l’armée guinéenne méconnaît la notion de hiérarchie, de par son passé, il serait donc souhaitable que le Capitaine CAMARA veille à une intégration possible des cours d’instruction civique en son sein. Cela rentrerait dans le cadre des actions révolutionnaires utiles, en prévention d’un avenir meilleur.

vi) Enfin, non seulement le Capitaine CAMARA est l’un des rares chefs d’Etats africains à ne pas se dérober devant la presse, mais en plus, lui au moins, il prononce le nom de Dieu, et évoque en permanence sa probité morale. Il lui reste simplement de conclure ses discours par « Que Dieu “blesse“ La Guinée», comme les Présidents américains avec leur traditionnel « God bless America ». Cette attitude laisse aussi penser, si ce n’est pas une ruse, que le pouvoir de DADIS ne serait pas spirituellement corrompu, comme beaucoup d’autres dans ce monde.

Alors, en attendant qu’éventuellement des opposants guinéens viennent proposer des avis contraires et objectifs, le Capitaine Moussa DADIS CAMARA serait, malgré tout, l’homme du changement en Guinée.

     S’il vous venait l’idée de quitter l’armée pour une candidature aux futures élections présidentielles, n’hésitez pas, Capitaine. Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, dit l'adage. Si vous gardez humblement foi en Dieu, il vous soutiendra dans l’intérêt de tout  le peuple guinéen qui n’a déjà que trop souffert. Il vaut mieux un homme choisi par Dieu, qu’un homme élu par les hommes, même à cent pour cent.

Bonne journée, Capitaine.

FAUT-IL CONDAMNER DADIS CAMARA  ?

Aujourd’hui, presque un mois après les émeutes sanglantes du 28 septembre 2009 à CONAKRY, cette question reste très à l’ordre du jour.

                    Pour la communauté internationale (pour ne pas dire la communauté occidentale) par exemple, il n’y a quasiment pas de doute à cet effet, DADIS CAMARA est responsable des massacres survenues ce jour là dans la capitale guinéenne. Et c’est, comme il fallait s’y attendre, le point de vue de beaucoup d’Africains, qu’ils soient intellectuels ou hommes politiques.
        Le 17 octobre 2009, la CDEAO, dans une attitude relativement prudente a quant à elle opté plutôt pour un embargo contre les armes à destination de la Guinée.
        A côté de la fermeté de ton de l’Union Européenne (U.E.) face à la junte au pouvoir, c’est l’Union Africaine (U.A.) qui exige un engagement écrit du capitaine DADIS à ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles.
        Au vu de toutes ces controverses qui entourent l’actuel Président guinéen, la Centrale Panafricaine de Recherches Scientifiques et Culturelles (C.P.R .S.) a jugé indispensable, une fois de plus, de publier par écrit quelques réflexions fondamentales de cet homme, non seulement dans le but de relayer sa version des faits, mais surtout dans le souci d’amener les uns et les autres à mieux cerner ce dernier.
          Invité le 17 octobre dernier par la chaîne de télévision “Télésud“, interviewé par trois journalistes dont Alpha Barry et Louis KEMAJOU, le Capitaine DADIS, comme à son habitude, ne s’est pas fait prier pour s’étendre librement et longuement sur les questions brûlantes de l’heure.
         Lisez plutôt :
1-    « Alpha CONDE est un habitué des faits. C’est un homme dangereux et condamnable .Il était venu à mon bureau me dire, “si tu es avec …, alors je ne suis pas avec toi.»
2-    «  Les gens m’avaient demandé d’aller passer le communiqué pour prendre le pouvoir et j’ai refusé. J’ai demandé qu’on patiente, que l’on respecte le Président LANSANA CONTE, jusqu’à son dernier souffle. »
3-    «  J’ai tant évité l’intoxication. Si j’ai un jour tiré ou demandé de tirer sur les Guinéens, alors DIEU jugera. »
4-    « Je n’ai jamais mené une vie ostentatoire. »
5-    « En cinquante ans, il n’ont jamais su caserner les militaires. Chaque militaire s’habille comme il veut, ils n’ont pas d’instruction civique, pas de camp militaire. Vous voulez qu’en (8) huit mois je change tout ça, c’est impossible. »
6-    « Si les Alpha CONDE et autres veulent le pouvoir, alors je suis prêt à le leur céder, à condition que ce soit la volonté des différentes couches sociales de Guinée. »
7-    « Je respecte Blaise COMPAORE, car c’est un grand militaire. Il en est de même avec A.T.T. (Ahmadou TOUMANI TOURE), Denis SASSOU NGUESSO, etc. »
8-    « Si je vis dans ce somptueux palais présidentiel, je ne peux pas suivre le quotidien des Guinéens. Ma maison est en ville. J’occupe une chambrette au camp.»
9-    « Mon patriotisme et mon abnégation sont héréditaires. On ne peut acheter ça. Mon père m’a enseigné l’honnêteté, la sincérité, que l’Homme n’est pas plus que ses idées .L’argent n’est rien. C’est pour ne pas être obsédé par le pouvoir. Tout est vanité. »
10-    « Un opérateur économique m’a remis 22 (Vingt-deux) millions de francs, pas pour me corrompre, mais pour soutenir l’Etat, parce que les caisses sont vides. J’ai versé cela au trésor public, et j’ai présenté le reçu au peuple guinéen. »
11-    «  Tous les contrats actuellement se font autour d’une table, devant un collège de personnes, et non plus entre une société et un ministre. C’est pour cela qu’on est contre moi. Ceux qui ont géré la Nation par le passé ont pris des pots de vins. »
12-    « L’Europe s’est développée par l’honnêteté et le patriotisme, pourquoi pas l’Afrique ? »
13-    « Je ne lis pas les journaux, je n’utilise pas l’internet, car tout cela peut me déconcentrer. »
14-    « La plus grande erreur des Africains est de tuer dans l’œuf, leurs semblables qui ont de vrais ambitions. »
15-    « Seuls KHADAFI et MOHAMED VI me procurent souvent de l’argent. Je n’ai pas de compte offshore dans les paradis fiscaux comme les leaders politiques guinéen d’hier. J’ai la capacité de rouler en grosse voiture, mais mon objectif est celui de sortir la Guinée de l’ornière. Ce véhicule que j’ai là, m’a été offert par KHADAFI.»
16-    «  MOHAMED VI et KHADAFI m’ont demandé de libérer un domaine pour qu’ils envoient des gens construire pour moi une maison, afin que je ne puise pas dans les caisses de l’Etat. »
17-    « Mathieu KEREKOU est pour moi un modèle. »
18-    « J’ai été bien accueilli dans le FOUTA, et c’est autant de choses qui ont suscitées de la haine contre moi. »
19-    « J’ai combattu la drogue et assaini les finances publiques. Il n’y a plus de détournements. »
20-    « J’ai combattu les intérêts illicites des nantis au profit des intérêts du peuple guinéen. Je suis devenu encombrant pour cette classe. Mon pouvoir est entre les mains de DIEU et du peuple guinéen. »
21-    « Si quelqu’un me tue, il finira lui aussi par mourir. Je continuerai à me sacrifier pour ce peuple. Où sont CHEOPS, RAMSES, MOBUTU, SEKOU TOURE, DE GAULLE, POMPIDOU… ? »
22-    « J’espère me faire connaître par l’occident à travers votre média, chers journalistes. »
23-    « A quoi ça sert de passer vingt, trente ou cinquante ans au pouvoir ? Je partirai comme KEREKOU. ».

               Voilà en substance, les propos du Capitaine DADIS CAMARA, tenus sur “Télésud“, en ce 17 octobre 2009. Des propos qui ne laissent pas indifférent, tout autant que ceux déclarés sur Radio France Internationale (R.FI.) quelques jours auparavant. Voir www.panafrique.e-monsite.com.
             Alors, quoi d’autre comme conclusions peut ressortir de cette interview ?
a)    Le pouvoir de DADIS en Guinée CONAKRY ressemble bien à celui de MUGABE au Zimbabwe, ou encore à celui de LENINE en 1917 en Russie : la dictature pour le prolétariat
b)    Il faut apprécier à sa juste valeur le souci d’une gestion transparente au sommet de l’Etat. Le capitaine rend compte tout le temps de sa gestion du pays, et il dit presque tout, lorsqu’on le lui demande.
c)    La sobriété du Capitaine DADIS rappelle indéniablement celle d’un certain Thomas SANKARA, et il ne doit plus être question de se laisser tuer par son entourage. Donc, vigilance.
d)    Sa simplicité du langage, sa disponibilité au dialogue est à l’instar de celles des Présidents Laurent GBAGBO de Côte d’ivoire et A.T.T. du Mali.
e)    Etant donné que chacun a son petit chat, on peut reprocher au Capitaine DADIS, d’être quelque peu impulsif, de répondre à chaque question en dix ou quinze minutes, de manquer d’éloquence, d’en dire un peu trop souvent, etc. Mais, grosso modo, toutes ces reproches relèvent surtout de la forme et non du fonds, ce qui fait de l’homme un homme de fonds, un homme au demeurant VRAI. Si l’Afrique a toujours normalement critiqué les Présidents qui détournent le bien public, elle se doit donc de reconnaître le bon grain face à l’ivraie.

f)    Ensuite, beaucoup voudront toujours attribuer à DADIS CAMARA la responsabilité des cent cinquante morts du 28 septembre 2009, mais il faudra tout de même prouver d’emblée sa propre culpabilité directe dans cette affaire.

            Entre celui qui a déclenché un meeting interdit (proposé pour le lendemain 29 septembre 2009 par DADIS CAMARA) et celui qui tiré (en légitime défense dans certains cas), qui est plus coupable ? That is the question.

g)    Enfin, on ne saurait passer sous silence cette attitude de la junte qui, il y a quelques jours, a elle-même saisi par écrit la communauté internationale pour signifier sa disponibilité à soutenir une commission d’enquêtes internationale mandatée par l’O.N.U., face aux massacres du 28 septembre 09.
Même si d’aucuns choisiront de n’y voir que des manœuvres politiciennes, eh bien pour la C.P.R.S., c’est simplement un autre symbole non moins fort dont il faut prendre acte.

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Sylvie K