Afrique_SarkozyLe chef de la junte guinéenne, Dadis Camara,  a échappé de justesse à un assassinat, le jeudi dernier. Les dessous d'une conspiration.L’actualité guinéenne de ces derniers jours était quelque peu dominée par la médiation du Président burkinabé, Blaise Compaoré, entre la junte au pouvoir et l'opposition. Les pourparlers piétinaient sur le sort à réserver au chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Mais depuis jeudi,  l'assassinat manqué de ce dernier par son aide de camp a brutalement changé la donne et ouvert la voie à des supputations.  Une chose est sûre, cet attentat a un lien avec le massacre de civils au stade de Conakry, le 28 septembre dernier. Où, selon les autorités guinéennes, 57 personnes ont trouvé la mort. 158 tués selon des Ong. Nous avons déjà écrit dans ces mêmes colonnes que les événements du 28 septembre puaient la conspiration. En effet, de sources proches des renseignements généraux ivoiriens, d'anciens rebelles libériens et sierra léonais avaient infiltré la manifestation de l'opposition avec la complicité des chefs de cette opposition, amenée par un certain Sydia Touré, proche de Ouattara Alassane dont il a été le directeur de cabinet à la Primature ivoirienne, valet de la France. Selon les grandes oreilles, c'est la France qui pousse les pions. De quoi s'agit-il ? Dadis Camara, dans un français approximatif qui amuse la rue abidjanaise, n'est pas du genre à caresser la France dans le sens du poil.  Sa dernière déclaration " la Guinée n'est pas une sous-préfecture de la France ", est symptomatique de l'inimité entre lui et Paris. Qui espérait être actif en Guinée après le décès de Lansana Conté, qui, lui, non plus, n'était pas ami à la France.  Une mission ultrasecrète a été confiée en son temps au très françafricain, Abdoulaye Wade. C'est le sens de " Dadis est mon fils " de Wade. Ayant découvert la supercherie, l'homme fort de la Guinée a, peu à peu, tourné le dos à Wade. Pour l'affaiblir, les événements du 28 septembre ont été concoctés pour perpétrer des tueries et en faire porter le chapeau à Dadis Camara. Le fait que ce dernier ait promptement demandé à l'Onu de venir situer les responsabilités a quelque peu dérouté ses pourfendeurs. Qui ont choisi l'option de l'assassinat, faisant croire à son aide de camp que s'il ne faisait rien, ce sera lui qui endossera le massacre.

L'opposition guinéenne piégée par la France

La France officielle a toujours pris comme une gifle le " non " historique de Sékou Touré au Général de Gaule, le 26 septembre 1958. Le 28 septembre, c'est-à-dire deux jours plus tard, la Guinée devenait indépendante. Le courage de Sékou Touré est cité en exemple. Pour souiller cette date historique, la France a endoctriné l'opposition guinéenne, avide du pouvoir, et incapable de sauvegarder ce " patrimoine historique ". Elle a compromis ce que les aïeux ont obtenu au prix de vies humaines.

Pourquoi la France s'acharne sur la Guinée

Dès l'annonce de la tentative d'Assassinat de Dadis Camara, les autorités ivoiriennes ont verrouillé à triple tours la frontière. Histoire d'ouvrir l'œil sur ce qui se passe chez le voisin. Cette précaution est d'autant plus légitime que des informations font état de ce que la France est à la recherche de base arrière. Objectif : continuer à faire pression sur les autorités ivoiriennes qu'elle juge peu enclines à veiller sur ses intérêts vitaux. Le Burkina Faso et le Mali, ayant entre-temps soigné leurs relations avec le pouvoir d'Abidjan, ne sont plus chauds à héberger des rebelles sur leurs territoires. Au Ghana voisin, Atta Mils est plus qu'un homologue à Laurent Gbagbo. Idem pour Sirleaf du Liberia, dont l'éducation américaine l'éloigne des coups tordus de la France. Il ne reste plus que la Guinée où la France veut faire le forcing pour installer une marionnette. Ceci explique la tentative d'assassinat dont on dit que ses services de renseignements ont voulu faire le remake du schéma qui a emporté Kabila père. Malheureusement, les signaux en provenance de la Guinée laissent penser à un échec cuisant. Pour le bonheur des peuples guinéen et ivoirien.

Tché Bi Tché

Source : Le Temps ( Abidjan )