Plus d'un mois après les évènements tragique du 28 septembre, l'émotion est encore vive dans tous les coeurs.Elle le restera à jamais car du reste, nous ne pensons pas que le temps puisse éffacer de la mémoire collective, les scènes horrible enregistrées à cette occasion. Des hommes et des femmes en grand nombre ont été transformés en chair à canon.

president1Ils ont été victimes de l’incurie d’une soldatesque, toujours prompte à appuyer sur la gâchette et, qui,  au cours de ces dernières décennies a provoqué la mort de milliers de guinéens à travers les quatre coins du territoire. Nous espérons que les différentes commissions d’enquêtes mises sur pied travailleront sans répit et sans faillir jusqu’à la manifestation de la vérité.

Mais la tragédie du 28 septembre recouvre un autre aspect, particulièrement inquiétant pour l’avenir du pays. Elle émane de la crainte éprouvée par une classe politique longtemps malmenée de laisser s’échapper une nouvelle opportunité de s’emparer du pouvoir.

S’il y a,  en effet un dénominateur commun entre les organisateurs de la marche, il ne peut se situer ailleurs. Les ambitions supposées ou réelles du capitaine Dadis à se maintenir au pouvoir représentent pour ce groupe d’hommes la fin des illusions. Elles brisent un rêve que certains caressent depuis plus d’un demi-siècle. D’où la sacro-sainte alliance formée par des politiciens professionnels  pour s’y opposer par tous les moyens.

Mais cette association hétéroclite appelée à durer le temps de se débarrasser d’un rival dangereux subodore des manœuvres à l’issue douteuse. Il n’est un secret  pour personne que les composantes de l’attelage vont se disloquer aussitôt que l’objectif sera atteint en ce sens que le conglomérat qui tente de prendre le pays en otage en ce moment est formé d’individus mus exclusivement par leurs égoïsmes et leurs appétits du pouvoir.

En son sein, chaque élément est convaincu de l’emporter si le capitaine Dadis est exclu de la course. Pour se donner bonne contenance, tous ont rallié le stade du 28 septembre afin d’être en  mesure de revendiquer la chute de l’ennemie commun. En définitive,  les tristes réalités que vit notre pays découlent de l’obsession du pouvoir dont une partie de la population guinéenne ne fait plus mystère.

Une partie réduite en un bastion situé principalement dans la commune de Ratoma où de véritables commandos ont été constitués pour engager une guerre sans merci contre tous ceux qui sont susceptibles de contrecarrer les rêves hégémoniques de certains politiciens véreux.

Ces individus se peuvent donc prétendre parler au nom de tout le peuple de Guinée.

Certes, celui-ci dans sa grande sagesse se tait depuis que le sang a coulé. Il n’approuve  pas cependant et le fera entendre à temps opportun ceux qui font feu de tout bois, exploitant ces événements  macabres en guise de fonds de commerce politique.

De toute façon, la Guinée appartient à tous ses fils.  Le médiateur  qui a toute  notre confiance doit comprendre que ce qui se décidera à l’extérieur ne pourra influer positivement sur la sortie de crise qu’en prenant en compte les aspirations et les choix de tous les Guinéens.

A cet égard, présenter le capitaine Moussa Dadis Camara comme l’homme de l’armée et rien d’autre est simpliste, réducteur,  apocryphe et surtout, lourd de conséquence pour la cohésion et l’harmonie sociale en Guinée.

L’image de l’officier anonyme, obscur, voire craintif et hésitant du 23 décembre 2008 est éculée d’autant plus que l’avènement du capitaine Moussa Dadis Camara au devant de la scène a séduit et a donné de l’espoir à des Guinéens. Dans quelles proportions ? Nous ne saurons le dire pour ne pas imiter la grenouille qui se veut aussi grosse que le bœuf  à l’instar de quelques politiciens qui se trouvaient au stade du 28 septembre. Elles ne doivent sans doute pas être des moindres dans cette Guinée d’aujourd’hui où les narcotrafiquants sont traqués, les audits engagés avec en prime l’eau et l’électricité qui ont cessé d’être une denrée rare pour les habitants de la capitale.

Une chose est ainsi certaine : vouloir exclure Dadis de la présidentielle par des manœuvres dilatoires, des montages grossiers, c’est tenter de priver des Guinéens de la possibilité d’exprimer leur choix. Ceux-ci se laisseront ils faire ?

Attendons de voir…

Mohamed Sylla

Source : Radio-Kankan