En ce jour historique du 1er Novembre 2009, cela fait cinquante et un an que l’Armée guinéenne s’investit au quotidien pour la défense de l’intégrité territoriale et la préservation des acquis de la souveraineté.
Les pères fondateurs l’avaient très tôt compris pour qu’une nation demeure, il lui fallait un bras séculier fondé sur les vertus de l’honneur et de la loyauté envers la patrie. En cela, les Forces Armées guinéennes ont toujours été reconnaissables.
A chaque moment crucial de l’histoire de notre pays, l’Armée a toujours répondu à l’appel de la patrie. Elle a su faire montre de courage, d’abnégation et de capacité de riposte sans faille.
Gardienne des Institutions Républicaines, cette Armée est garante du maintien de la stabilité de l’Etat et de la sauvegarde de l’intégrité territoriale.
Elle participe également à la réalisation des programmes de développement socio-économique de la Guinée.
Après le référendum de 1958 et la proclamation de l’Indépendance le 2 Octobre de la même année, la Guinée souveraine avait acquis le droit de créer son Armée.
Honneur et Patrie
Le 2 Octobre 1958, le Président Ahmed Sékou TOURE confiait au Capitaine Noumandjan KEITA la mission d’organiser la nouvelle Armée.
Au cours des pourparlers franco-guinéens la date du 1er Novembre fut fixée pour mettre à la disposition de notre pays la moitié des Camps militaires de Kindia et de Kankan où devront être regroupés les soldats ayant opté pour l’Armée guinéenne.
Le 1er Novembre 1958, une Conférence réunissait autour du Maire N’Famara KEITA tous les militaires guinéens et quatre délégués de la Mairie de Kindia.
Dans l’après midi, les Unités de l’Armée guinéenne furent constituées par le Capitaine Noumandjan KEITA et placées sous le commandement des Adjudants Toya CONDE, TOUNKARA Aboubacar et Mamadou OULARE.
Ces Unités à l’instar de celles de Kankan et de N’Zérékoré furent installées dans la partie des Camps mise à la disposition de la Guinée.
Séparées par un réseau de barbelés, l’Armée guinéenne et l’Armée française coloniale furent placées face à face.
Le départ définitif de l’Armée coloniale stationnée à Kindia fut fixé à compter du 10 Novembre 1958 en vue de son embarquement au port de Conakry.
Jusqu’à cette date, il n’existait que trois grandes Garnisons coloniales : Kindia, Kankan et N’Zérékoré servant en même temps de Centre de recrutement, d’instruction, de mobilisation durant les deux guerres mondiales.
Malgré les énormes sacrifices consentis, les militaires guinéens enrôlés sous le drapeau français étaient victimes de la ségrégation la plus impitoyable. Ce n’est qu’en 1955 qu’un décret en date du 19 Octobre accordait à tous les citoyens l’accès à tous les grades de la hiérarchie militaire sans considération de race ou de statut personnel dans les mêmes conditions avec les mêmes droits et les mêmes obligations.
Les effectifs à l’époque étaient composés de soldats et sous-officiers ayant versé leur sang pour la France sur les champs de bataille d’Allemagne, d’Indochine et d’Algérie.
Au sein de la jeune Armée guinéenne, une reconversion des mentalités va s’opérer pour donner naissance à un soldat de type nouveau engagé dans la défense de la Patrie, la sauvegarde de la liberté et le respect de son honneur.
Une vocation de Paix
A l’appel des Peuples pour leur indépendance, l’Armée guinéenne va se déployer en Afrique.
Ainsi dès 1960, le premier contingent guinéen s’envola pour le Congo pour défendre la Paix et ramener le calme dans un pays en proie à une guerre fratricide. C’est de là qu’est né le mythe du « Soldat guinéen » du « contingent guinéen » qui se perpétue encore de nos jours.
La présence militaire guinéenne au sein des troupes onusiennes au Congo Léopoldville aujourd’hui Congo Démocratique (ex Zaïre) va être hautement appréciée par l’opinion internationale.
Obéissant aux principes édictés par la charte de l’OUA, l’Armée guinéenne s’en ira exprimer la volonté africaine de libération des Peuples en Angola, en Guinée Bissau, au Cap Vert, au Rwanda, au Libéria et en Sierra Léone.
A cette vocation de pacificateur s’ajoute une autre dimension qui particularise l’Armée guinéenne ; c’est son implication active dans les programmes nationaux de développement.
Les mémoires retiendront l’image du Soldat guinéen dans les grandes plaines rizicoles sur les chantiers de construction des routes, des pistes rurales et des ouvrages de franchissement.
Malgré les coups de boutoirs politiques qui à une certaine époque ont provoqué sa décapitation par la liquidation physique de certains de ses cadres, l’Armée guinéenne est toujours restée fidèle à son serment de servir le Peuple, de défendre la patrie et d’être loyale à la République.
Les agressions du 22 Novembre 1970 et du 1er Septembre 2000 ont permis aux Forces Armées guinéennes de démontrer leur engagement à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale.
Une Armée patriotique
Le 3 Avril 1984, répondant à l’appel de l’histoire, sous la conduite du Général Lansana CONTE, l’Armée guinéenne prenait en main les destinées du pays pour négocier un nouvel ordre politique, social, économique et libéral.
Cette œuvre hautement patriotique a permis de sauver la Guinée des errements d’une succession anarchique, suite au décès du Président Ahmed Sékou TOURE.
A la mort du Général Lansana Conté, l’Armée ne pouvait être en reste face à la déliquescence qui sévissait dans le pays.
Ainsi, le 23 Décembre 2008, le Capitaine Moussa Dadis Camara et ses frères d’armées du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) ont décidé de prendre leur responsabilité devant l’histoire en posant l’acte patriotique de prise du pouvoir .
Cette maturité de l’Armée guinéenne, elle le doit à sa solide expérience de lutte de libération des Peuples et de son expertise en matière de maintien de la paix.
Le Chef de l’Etat, le Capitaine Moussa Dadis Camara a déclenché un combat à outrance contre l’insécurité, la grande criminalité et le narco trafic en privilégiant la moralisation de la vie publique.
Au moment où l’Armée guinéenne célèbre son 51ème anniversaire de profondes mutations sont intervenues tant sur le plan de la formation des cadres, de la réhabilitation des casernes et équipements que sur le renforcement de la discipline.
Cette volonté du Commandant en Chef des Forces Armées, le Capitaine Moussa Dadis Camara constitue le socle de toutes les initiatives prises par l’élite et la chaîne de commandement des différents Etats Majors.
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