arton108118Le Président Dadis s'en remet au Président Compaoré médiateur dans la crise guinéenne

DAKAR - Le chef de la junte au pouvoir en Guinée demande que la question de sa candidature à l'élection présidentielle de janvier soit inscrite dans la médiation du président burkinabè, a indiqué dimanche à l'AFP son ministre des Affaires étrangères.

Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara "a écrit à l'Union africaine (UA) et à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et a demandé que cela (la question de sa candidature) soit inscrit dans la médiation du Burkina", a indiqué le ministre Alexandre Cécé Loua.

L'UA avait donné jusqu'à samedi minuit aux membres de la junte, notamment à son chef le capitaine Dadis Camara, pour s'engager par écrit à ne pas se présenter à l'élection présidentielle de janvier, comme ils l'avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008.

Dans le cas contraire, des sanctions ciblées devraient être prises.

"Il ne refuse pas (de signer un engagement écrit) mais demande que la question soit examinée par le médiateur", a souligné M. Cécé Loua dans un entretien téléphonique réalisé depuis Dakar.

"Il appartient à ces deux institutions (l'UA et la Cédéao) d'apprécier", a ajouté le ministre précisant que la réponse du chef de la junte était contenue dans une lettre de trois pages.

"Il n'y a pas de raison que le Burkina n'accepte pas (la proposition de la junte), il faut laisser le président Blaise Compaoré travailler", a-t-il affirmé.

Revenant sur la date fatidique de samedi minuit, il a assuré: "ce n'est pas un ultimatum (de l'UA), c'est un appel pour ne pas se présenter aux élections".

Interrogé sur de probables sanctions ciblées contre la junte, il a répondu: elles "ne vont pas régler la question guinéenne. Il faut chercher la voie pour emmener les parties autour d'une table de négociations. Les sanctions, ce n'est pas la solution", a-t-il estimé.

Concernant l'embargo sur les armes décidé par la Cédéao, lors d'un sommet de chefs d'Etat samedi à Abuja, il a seulement indiqué "prendre acte" de cette décision.

"On n'était pas convié" à cette réunion, la Guinée ayant été suspendue de l'organisation à la suite du coup d'Etat du 23 décembre 2008 ayant porté la junte au pouvoir immédiatement après la mort du "général-président" Lansana Conté, a-t-il rappelé.

Source: kababachir.com