Rechercher sur AfrikBlog

BLOG DE SYLVIE K.

Actualités Politiques et Splendeurs de Guinée

13 octobre 2009

Communiqué final de la CEDEAO sur la guinée

nig_riaLa huitième session du Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G) s’est tenue le lundi 12 octobre 2009, au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja, en République Fédérale du Nigéria.

2. Le Groupe condamne fermement les actes délibérés de brutalité, de viol de femmes et de massacre
perpétrés par des troupes armées placées sous l’autorité du CNDD, à l’encontre de civils non-armés,
lors d’une manifestation pacifique des Forces Vives, le 28 septembre 2009.

3. Le Groupe invite instamment les autorités de fait en Guinée à :
- libérer toutes les personnes détenues arbitrairement, en particulier celles détenues en
relation avec les événements du 28 septembre 2009 ;
- rendre les corps de victimes à leurs familles ;
- permettre à toutes les personnes admises dans les hôpitaux ou se trouvant ailleurs,
particulièrement les femmes victimes de viols, de recevoir librement des soins médicaux à
la charge de l’Etat ;
- lever toutes les entraves à la liberté d’expression, de circulation et de manifestation,
- interdire le port des armes de guerre par tout militaire en dehors des casernes ne se
trouvant pas en service commandé.

4. Le Groupe invite instamment le Secrétaire Général des Nations Unies, en liaison avec la CEDEAO et
l’Union Africaine et avec le soutien du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, à faciliter la mise
en place d’une Commission Internationale d’Enquête pour faire toute la lumière sur les graves
violations des droits de l’Homme, du 28 septembre 2009, notamment le massacre de civils nonarmés
et le viol de femmes, de situer les responsabilités, de déférer les auteurs desdits actes devant
les juridictions guinéennes compétentes ou la Cour Pénale Internationale, afin de mettre fin à
2
l’impunité. Le Groupe incite tous les partenaires à préparer sans attendre les mécanismes
appropriés de sanctions individuelles et ciblées en vue de les appliquer aux responsables identifiés.
5. Le Groupe invite la CEDEAO à constituer, avec l’aide de ses partenaires une mission internationale
d’observation et de protection, composée de personnels civil et militaire, qui devra protéger les
membres de la Commission d’enquête et les témoins contre les actes d’intimidation et contribuer à
l’instauration d’un climat de sécurité pour la population guinéenne.

6. Le Groupe exprime sa grave préoccupation face aux informations concernant le trafic et la
circulation illicite des armes en Guinée, demande à la CEDEAO de mettre en oeuvre les dispositions
pertinentes de la Convention sur les ALPC et recommande à la Communauté internationale
l’imposition d’un embargo total sur les armes à destination de la Guinée.

7. Le Groupe rappelle aux autorités guinéennes leur obligation de protection des populations civiles
nationales, y compris les responsables politiques, syndicaux et de la société civile ; cette obligation
de protection s’étend aux ressortissants étrangers vivant sur le territoire guinéen y compris les
membres du Corps diplomatique et consulaire, qui sont leurs hôtes. Il les enjoint à prendre toutes
les dispositions nécessaires pour assurer cette protection, conformément aux engagements
auxquels elles ont librement souscrits.
8. Le Groupe en appelle au Président du CNDD afin qu’il formalise, avant le 17 Octobre 2009, date
limite fixée par la 204ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine,
l’engagement pris, que ni lui-même, ni les autres membres du CNDD, ni le Premier Ministre, ne se
présenteront à l’élection présidentielle ; à défaut il appelle l’Union Africaine, les organisations
régionales et internationales concernées a en tirer les conséquences et qu’elles prennent les
mesures appropriées.

9. Le Groupe apporte son soutien total au Président du Burkina Faso, Son Excellence Blaise Compaoré,
dans sa mission de médiation demandée par le Président en exercice de la CEDEAO à la suite de la
requête du Président de la Commission de l’Union Africaine au nom du GIC-G, conformément aux
recommandations de sa 7ème réunion tenue le 22 septembre 2009 à New York.

10. Dans cette perspective, le Groupe apporte son soutien total pour une solution politique visant à
mettre en place, si possible par le dialogue, sur base du retrait du CNDD, de nouvelles autorités de
transition et à favoriser une transition apaisée de courte durée au terme de laquelle seront
organisées des élections crédibles et transparentes. Ces nouvelles autorités de transition devront
faire preuve de neutralité tout au long du processus électoral.

11. Le Groupe remercie le Président de la République Fédérale du Nigéria, Président en exercice de la
CEDEAO, son Gouvernement et le Peuple du Nigéria, de même que le Président de la Commission de
la CEDEAO et ses collaborateurs, pour l’accueil fraternel et l’hospitalité qui leur ont été réservés
pendant toute la durée de leur séjour.
12. La date et le lieu de la prochaine réunion du Groupe seront fixés à l’issue de consultations entre les
co-présidents.
Fait à Abuja le 12 octobre 2009

Source: Radio-kankan

Posté par Rosescorpion à 18:29 - POLITIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Mr Jean Paul Dias ancien ministre Sénégalais dénonce...

"On a manigancé les troubles du 28 septembre pour lacérer la popularité de Dadis Camara, le faire mentir sur la non effusion de sang en tentant de le rendre responsable de la catastrophe", dixit Jean Paul Dias, ancien Ministre sénégalais

Dias"Qu’on m’explique pourquoi Dadis devrait se désister au profit de gens qui n’ont jamais travaillé ou qui n’ont jamais dirigé un service public ou privé, d’individus milliardaires parce que notoirement connus pour leur capacité à vider des caisses de l’Etat, de personnes qui, sous le président Conté, ont occupé d’éminentes fonctions à partir desquelles ils ont laissé prospérer la corruption et le narcotrafic, de politiques qui, de ces positions, se sont révélés incapables de développer la Guinée, d’éviter des événements sanglants, de restructurer l’Armée, de mettre de l’ordre dans la Fonction publique", affirme Jean Paul Dias, ancien Ministre sénégalais, ancien Président du Conseil des Ministres de la CEDEAO

Le journal Le Quotidien a eu l’honnêteté intellectuelle de reconnaître (livraison du 30/9/09) que mon papier sur le Capitaine Dadis Camara, président de la République de Guinée, était parvenu à sa rédaction bien avant les malheureux événements du 28 septembre dernier.

Mon article visait deux objectifs : fustiger et stopper les menaces vis-à-vis des ressortissants sénégalais vivant en Guinée, puis discuter de la problématique de l’éventuelle candidature du capitaine-président à l’élection présidentielle à venir.

Face aux menaces proférées et réitérées en boucle contre les résidents sénégalais en terre guinéenne, au prétexte que le président Wade soutiendrait la candidature du président Camara, je m’étais élevé contre ce ’terrorisme’ anti-sénégalais inadmissible. Si, comme je suis fondé à le penser, cette prise de position a permis de mettre le holà sur ces intimidations et de les faire cesser, a permis au Sénégal d’éviter de se retrouver accusé dans les événements du 28 septembre 2009, à ses ambassades de s’épargner des attaques, alors ma contribution, diffusée au plan international, aura modestement servi à quelque chose.

Plus personne ne s’aventure sur ce terrain, à présent.

C’est feu le président Senghor qui, lors d’une visite en Côte d’Ivoire, avait lancé le vocable ‘ivoirité’, dans sa propension à forger des néologismes. Si, bien plus tard, le mot a été transformé, localement, en concept et que ce dernier a pu, ici ou là, déboucher sur quelque exagération ou dérapage, jamais des Ivoiriens n’ont songé menacer les ressortissants sénégalais pour cette initiative de Senghor. En conséquence, les Sénégalais de l’extérieur ne sauraient servir de boucs émissaires consécutivement aux actions ou choix de Wade.

Sur la potentielle candidature du Capitaine Dadis Camara que certains estiment pouvoir contester, j’avais pris une position que je maintiens. Pour ne m’en tenir qu’à l’actualité récente, je soutiens que si personne n’a empêché le général-président du Niger de s’autoproroger le mandat de 3 ans tout en se réservant la latitude de se porter encore candidat à l’issue de cette période, si nul n’a contesté au général Aziz de Mauritanie la possibilité d’être candidat, alors, j’attends les raisons aptes à me convaincre que le Capitaine Camara ne peut pas être admissible à la candidature en vue de l’élection présidentielle à la fin de la transition. Pour le moment, je n’ai lu et entendu que des prétextes, des répétitions, des affirmations. J’attends encore les arguments. Personne n’en a fourni à moins que, une fois de plus, le soubassement ne soit qu’ethniciste ou autre.

Qu’on m’explique pourquoi Dadis devrait se désister au profit de gens qui n’ont jamais travaillé ou qui n’ont jamais dirigé un service public ou privé, d’individus milliardaires parce que notoirement connus pour leur capacité à vider des caisses de l’Etat, de personnes qui, sous le président Conté, ont occupé d’éminentes fonctions à partir desquelles ils ont laissé prospérer la corruption et le narcotrafic, de politiques qui, de ces positions, se sont révélés incapables de développer la Guinée, d’éviter des événements sanglants, de restructurer l’Armée, de mettre de l’ordre dans la Fonction publique, etc.

Voilà pourquoi, étant allergique à la pensée unique et me refusant à hurler avec les loups, je considère que le Capitaine Moussa Dadis Camara doit pouvoir être candidat comme tout citoyen s’il en décidait ainsi car, jusqu’à présent, il ne s’est pas déclaré. Je suis l’avocat défenseur des principes, pas du Capitaine-président. Ma position s’arrête là ; pour le reste, il appartiendra au peuple de Guinée de décider de son élection ou de celle d’un(e) autre. Je n’ai jamais dit que Dadis était le seul ou le meilleur candidat pour diriger la Guinée..

Pour le surplus, je traite avec mépris les inepties tendant à prétendre que mon option est une recherche de rapprochement avec Me Wade. A ce jeune ‘doctorant’, j’enseigne, pour la formation de sa culture, que l’allemand est la langue de Goethe, pas de Hitler. Dadis la pratique. Je lui conseille de se rapprocher de ses collègues, étudiants en droit, qui lui apprendront ce qu’est un parjure. Ce n’est pas le cas du Capitaine Camara.

Je ne suis ni militaire ni militariste, mais je tiens pour discriminatoire l’exigence de remise du pouvoir aux civils. En Afrique, les civils détenteurs du pouvoir ne sont revêtus d’aucune sainteté. Lorsque des civils ‘démocratiquement élus’ se comportent en incapables, en parvenus enrichis illicites, en fraudeurs patentés d’élections, en violeurs récidivistes de constitutions, en esclavagistes de la justice, même l’opposition se prend parfois à rêver d’une intervention de l’armée.

Certes, il y a eu des contre-exemples militaires : Ould Taya (Mauritanie), Jammeh (Gambie), El Béchir (Soudan), tout comme ont existé des légions de dictateurs civils en Afrique.

Toutefois, force est de reconnaître que, parfois, le passage de présidents militaires a ouvert la voie à la démocratie authentique ou au progrès économique, certaines fois aux deux : capitaine Jerry Rawlings II (Ghana), capitaine Blaise Compaoré (Burkina Faso), colonel A.Toumani Touré I (Mali), commandant Pedro Pires I (alors Premier ministre ; Cap-Vert), Général Ben Ali (Tunisie -aspect économique), Général Kérékou II (Bénin-après Soglo), Lieutenant-colonel Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale - aspect économique), etc.

Qu’on arrête donc de nous bassiner avec la remise comminatoire du pouvoir aux civils si ceux à qui l’occasion a pu être offerte, n’ont prouvé ni leurs compétences ni leur sérieux ni leur efficacité ni leur probité ni leur vision pour le futur.

Il reste indéniable que le Capitaine Dadis s’est révélé un acteur efficace et déterminé dans la lutte contre le trafic de drogue, dans la restauration des finances publiques, dans la remise en ordre de la fonction publique. Il s’avère indiscutable que l’homme est honnête et patriote. Récemment, il a exigé à une compagnie aurifère de verser au Trésor public, 40 millions de dollars dus (environ 20 milliards de francs Cfa). Lorsque, pour demeurer fidèle aux habitudes du passé, le top management de l’entreprise a préféré lui remettre, sur compte off shore, la moitié à titre personnel, il a refusé et l’a révélé publiquement. A Conakry, qui, placé dans les mêmes circonstances, peut se prévaloir d’avoir eu un comportement similaire ?

Même ses adversaires reconnaissent sa popularité. Au courant de la semaine précédant le 28 septembre 2009, il avait entrepris une tournée triomphale de plusieurs jours dans le Fouta : Pita, Mamou, Labé, etc. La presse internationale n’a pas jugé utile de rendre compte de sa communion avec le pays peulh alors que le symbole était là très fort.

Restait donc à l’atteindre ailleurs. Puisque, depuis le début, il répétait à souhait qu’il se refusait à toute ‘effusion de sang’, que le pouvoir avait été pris "sans effusion de sang", on a manigancé les troubles du 28 septembre pour lacérer sa popularité, le faire mentir sur la ‘non effusion de sang’ en tentant de le rendre responsable de la catastrophe de ce jour-là.

Nous condamnons tous les auteurs de ces événements, quel que soit leur bord. Nous déplorons les pertes de vies humaines.. Nous nous inclinons devant la mémoire des victimes et espérons que les commissions d’enquêtes sauront mettre en lumière la vérité car, de ce que nous croyons savoir, nous ne sommes pas loin d’une situation de torts partagés. Le Cndd devra simplement veiller à ce que lesdites commissions d’enquête nationales et internationales ne soient pas truffées d’Ong locales ou étrangères hostiles ou télécommandées et il lui faudra exiger qu’elles prennent en compte les drames de 2006 et 2007.

Quant à ceux qui hèlent le Tribunal pénal international (Tpi) que ne l’avaient-ils pas fait lors des événements sanglants de juin 2006 (18 morts), de janvier et février 2007 (200 morts) en Guinée (Dadis n’était pas au pouvoir), lors des tueries de Kédougou (Sénégal), des massacres post électoraux du Kenya et du Zimbabwe, à la suite des déportations et exterminations anti-noirs d’Ould Taya, etc. C’est peut-être plus confortable d’aboyer avec la meute.

Le président Moussa Dadis Camara devra veiller particulièrement à sa sécurité personnelle, car il doit se convaincre que, dans certaines officines de l’étranger, se mijotent déjà des plans machiavéliques alternatifs. Le Cndd doit maintenir le cap de l’assainissement des finances publiques en privilégiant la bonne gouvernance dans la fermeté, dans l’autorité et dans l’unité nationale ainsi que la saine démocratie sans faiblesse coupable, source de pagaille mais sans contrainte inutile, source de crispation.

Finalement, la réconciliation nationale, le progrès et le développement socio-économiques de la Guinée devraient constituer la priorité pour toute équipe présidant aux destinées de ce magnifique pays qui n’a que trop souffert de la malédiction de la dictature et de la gabegie.. Une République de Guinée en paix et prospère constituera une chance nouvelle pour l’Afrique de l’Ouest.

Jean-Paul DIAS, Ancien Président du Conseil des ministres de la Cedeao
DEAO.

Source : Guinée24

Posté par Rosescorpion à 00:46 - POLITIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1